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Tribune – Épilogue | L’Ordre a parlé : Quand la déontologie a le dernier mot sur la menace

Après la controverse suscitée par les propos d’une responsable de l’État sur un possible refus de soins fondé sur les opinions exprimées en ligne, l’Ordre National des Médecins du Togo a tranché. Dans une déclaration publiée le 23 septembre 2026, son président, le Professeur Anthony Kadanga Beketi, rappelle sans ambiguïté qu’aucune opinion politique, religieuse ou sociale ne saurait justifier un refus de soins, urgence comprise. Une mise au point que l’auteur de cette tribune, à l’origine d’une lettre ouverte à l’Ordre, accueille comme la victoire d’un principe simple : soigner n’est pas juger.

Par Gnimdéwa Atakpama, conteur, stratège, citoyen

Il y a quelques semaines, une phrase avait glacé le pays. Une haute responsable de l’État laissait entendre que, demain, un médecin pourrait refuser de te soigner parce qu’il n’a pas aimé tes propos sur TikTok. J’avais écrit alors que l’on ne soigne pas à la tête du client, et j’avais adressé une lettre ouverte au Conseil de l’Ordre National des Médecins du Togo. Non pour humilier une personne, mais pour protéger un principe.

L’Ordre a répondu. Dans La Dépêche du 23 septembre 2026, son président, le Professeur Anthony Kadanga Beketi, rappelle la règle avec une netteté qui ne laisse aucune place au doute.

« Les opinions politiques, religieuses ou sociales d’un patient ne peuvent pas constituer un motif de refus de soins. »

Tout y est. Le président précise que même en situation d’urgence, le médecin ne peut refuser ni pour un motif discriminatoire, ni pour de l’argent, et que l’obligation d’assistance à une personne en danger demeure entière. Il rappelle que le patient qui s’estime lésé dispose d’un recours clair, la saisine de l’Ordre, et que les manquements exposent leur auteur à des sanctions allant de l’avertissement à la radiation. La confiance, dit-il, est le pilier de la relation de soins ; elle ne se négocie pas au comptoir des opinions.

Le président ajoute un mot que chacun aura compris. Il invite « les acteurs politiques et tous ceux qui abordent les questions de santé à faire extrêmement attention à leurs propos ». Sans nommer personne, l’institution a remis la parole publique à sa place : la santé d’un peuple n’est pas un terrain de menace.

Je veux être juste. Le président rappelle aussi, et il a raison, que les insultes et la diffamation en ligne engagent la responsabilité de leurs auteurs. Mon combat n’a jamais été celui du droit d’insulter. Il était, et il demeure, celui du droit d’être secouru, quel que soit son visage, quel que soit son vote, quelle que soit sa colère de la veille. Sur ce point, la déontologie et le simple bon sens disent la même chose.

Reste la leçon. L’homme du bout du village, celui qui ouvrait sa porte sans demander nos opinions, n’avait pas besoin d’un décret pour savoir ce qu’était son devoir. Nous, nous avons des lois, un Code de déontologie et un Ordre pour les faire vivre. Cette affaire aura au moins montré qu’ils tiennent, à condition qu’un citoyen se lève et qu’une institution réponde. C’est aussi cela, une démocratie qui respire : une parole qui alarme, une voix qui s’oppose, une autorité qui rappelle la règle. Le principe est sauf, et il nous appartient de veiller à ce qu’il le demeure.

One thought on “Tribune – Épilogue | L’Ordre a parlé : Quand la déontologie a le dernier mot sur la menace

  1. Oui, il y a la déontologie pour toutes professions, et la sagesse recommande que nous ”sachions marcher dans la vie”.

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