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Togo- Kégué a retrouvé ses Éperviers, et les Éperviers ont retrouvé leur public

Togo vs Burundi Crédit Photo: FTF

Il y avait quelque chose dans l’air, vendredi soir, au stade de Kégué. Une ferveur qu’on avait presque oublié pouvoir ressentir autour de la sélection togolaise. Des tribunes pleines, vêtues de couleurs nationales, des chants qui ne se sont pas arrêtés pendant 90 minutes : le Togo n’a pas seulement battu le Burundi (1-0) dans ce match crucial pour la course à la CAN 2027. Il a retrouvé son public. Et c’est peut-être bien la vraie victoire de la soirée.

Le 12e homme est de retour

La Fédération togolaise de football (FTF) ne s’y est pas trompée. Sur ses réseaux sociaux, elle a salué “un public en or”, soulignant que les supporters, “des milliers dans les tribunes”, ont “pleinement joué leur rôle”. Une manière de dire que cette victoire, obtenue grâce à un but de Karim Dermane dès la 18e minute, doit autant aux hommes de Patrice Neveu qu’à ceux qui les ont portés depuis les gradins.

Car il faut se souvenir d’où l’on vient. Depuis plusieurs années, la relation entre les Éperviers et leur public s’était distendue, minée par des résultats en dents de scie et des désillusions à répétition. Patrice Neveu, le sélectionneur français arrivé pour reconstruire une identité collective, ne le cache pas : “On est en reconstruction, parce que le peuple a été beaucoup déçu ces derniers temps.”

Neveu, artisan d’une reconquête

C’est peut-être là que réside le vrai tournant de cette soirée de Kégué. Au-delà du résultat comptable, il y a un mouvement de fond : celui d’un peuple togolais qui recommence à croire en son équipe. Neveu en a pleinement conscience, et son discours d’après-match sonnait presque comme un message adressé directement aux tribunes : “Les trois points sont pour les Togolais.”

Une phrase simple, mais qui dit beaucoup de la méthode du technicien français. Depuis son arrivée, il insiste sur la construction d’une “identité sportive togolaise”, une équipe reconnaissable à son engagement plus qu’à la qualité pure de son jeu. “Les matchs que nous avons joués auparavant ont donné principalement un état d’esprit à cette équipe”, explique-t-il. Une équipe qui se bat, qui ne lâche rien, à l’image de Djené Dakonam, resté sur la pelouse malgré une blessure pour encourager ses partenaires jusqu’au bout.

Un pari sur l’émotion collective

Neveu lui-même reconnaît que “l’état de la pelouse ne facilite pas du tout un jeu au sol”. Mais sur ce terrain difficile, les Éperviers n’ont pas forcément brillé par leur maîtrise technique. Ils ont coché l’essentiel : une solidité défensive retrouvée, un clean-sheet, et surtout cette capacité à répondre à l’attente d’un public venu en masse leur redonner confiance.

C’est tout l’enjeu de cette campagne qualificative pour la CAN 2027 : reconstruire une équipe, oui, mais aussi reconstruire un lien. Quand un stade se remplit à nouveau pour une sélection qui ne brille pas particulièrement dans le jeu, c’est souvent le signe que quelque chose a changé dans les cœurs.

Direction la Zambie, désormais, pour la suite de ce parcours. Le prochain test permettra de savoir si cette réconciliation entre le Togo et ses Éperviers n’était qu’un feu de paille de circonstance, ou le vrai début d’une histoire retrouvée entre un peuple et son équipe.

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