A l’occasion de la Semaine mondiale des personnes sourdes, l’Association des personnes Sourdes du Togo (AST) veut replacer la question des droits au cœur des discussions. Réunie en conférence de presse vendredi 25 septembre 2026 à Lomé, l’association a appelé à une meilleure prise en compte des besoins de la communauté sourde dans les services essentiels.
Pour l’AST, l’accès aux droits passe d’abord par la reconnaissance et l’utilisation de la Langue des Signes Togolaise (LST). L’association demande notamment au gouvernement d’accélérer sa reconnaissance juridique et de prévoir des interprètes professionnels dans les administrations et les services publics.
Cette revendication concerne plusieurs domaines. À l’école, l’AST plaide pour une éducation de qualité dès la petite enfance, dispensée en langue des signes par des enseignants qualifiés et accompagnée de supports adaptés. Dans les hôpitaux, tribunaux et commissariats, elle réclame également un accès effectif à l’interprétation. « Un enseignant n’est pas un interprète », rappelle l’association, qui considère l’interprétation comme un métier nécessitant des compétences spécifiques, notamment en matière de précision et de confidentialité.

L’AST insiste également sur le droit au travail et à la participation citoyenne. Elle appelle à appliquer le principe « Rien sur nous sans nous », afin que les personnes sourdes puissent prendre part aux décisions et aux initiatives qui les concernent.
Les médias sont eux aussi interpellés. L’association souhaite voir systématiquement une fenêtre d’interprétation professionnelle en langue des signes dans les journaux télévisés et lors des grands événements. En situation d’urgence ou de crise, elle demande également une information rapide et accessible.
Cette Semaine mondiale coïncide avec les 50 ans de l’introduction de la langue des signes au Togo, en octobre 1976. Pour l’AST, cet anniversaire est donc autant un moment de célébration qu’une occasion de rappeler que l’inclusion ne doit pas rester un principe, mais se traduire dans la vie quotidienne.
L’apothéose de cette double célébration est prévue le 16 octobre 2026 à l’Agora Senghor de Lomé.

