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BTP : une étude du TrEC évalue un polymère de stabilisation sur le sable argileux du nord de Lomé

Présentée mardi à Lomé, l’étude conclut, en laboratoire, que le sable argileux d’Aképédo traité au polymère Basemastic peut servir en couche de fondation ou de base de chaussée.

Le bureau d’ingénierie Tropical Engineering Consult (TrEC) a présenté, mardi 13 octobre 2026 à Lomé, les résultats d’une étude de laboratoire sur le traitement du sable argileux au polymère Basemastic (BMGP5). Ce sable argileux, un matériau très répandu dans le nord de la capitale, est généralement jugé trop sensible à l’eau pour entrer sans traitement lourd dans les structures porteuses des routes.

Des résultats chiffrés
L’étude a porté sur un sable prélevé à Aképédo. À l’état brut, l’essai de portance CBR à 95 % de compacité donne une valeur de 15, jugée faible. Traité avec 2 %, 2,5 %, 3 %, 3,5 % et 4 % de polymère, le CBR passe respectivement à 122, 138, 168, 176 et 192. La résistance à la compression progresse de 2,46 à 4,12 MPa, et la résistance à la traction de 0,36 à 0,69 MPa.

Au regard des spécifications du CEBTP, le Dr Ing Israël Mamah, responsable de la recherche et de l’innovation chez TrEC, indique que le matériau dosé entre 2 et 2,5 % convient en couche de fondation, et celui dosé entre 3 et 4 % en couche de base comme en couche de fondation, pour les classes de trafic T1 à T5. Les essais n’ont concerné que ce type de sable, et uniquement en laboratoire.

Un produit américain, déjà utilisé au Ghana
Fabriqué aux États-Unis, le polymère était présenté par son promoteur, Frank Sédjro, PDG de la société Basemastic aux États-Unis, présent à la conférence. Selon lui, il est déjà employé dans quelques pays africains, dont le Ghana, le Mali.

Les arguments avancés
Sur le plan environnemental, TrEC met en avant plusieurs atouts. Le procédé valorise les sables disponibles sur site ou à proximité immédiate, ce qui limite le transport de matériaux sur de longues distances, réduit l’empreinte carbone et diminue l’ouverture de nouvelles carrières. Le produit est décrit comme non corrosif, non toxique et sans effet néfaste sur l’environnement. Il est présenté comme une alternative à la stabilisation traditionnelle au ciment ou à la chaux. « L’innovation chimique, lorsqu’elle respecte l’environnement, peut transformer des matériaux dits médiocres en véritables piliers pour nos infrastructures », a déclaré le Dr Mamah.

Sur le plan économique, Frank Sédjro et le Dr Mamah avancent une économie d’environ 30 % sur le budget des travaux par rapport aux méthodes conventionnelles, et le promoteur évoque au moins 50 % de réduction des coûts de maintenance. Il souligne aussi que, contrairement à d’autres matériaux, celui-ci n’exige pas de chauffage, ce qui limite l’exposition des opérateurs.

Un cadre technique à franchir
Reste une étape : l’usage du produit n’est pas encore accepté dans les manuels techniques du pays. En attendant, TrEC en vante les mérites face aux produits classiques déjà utilisés sur les chantiers.

Un laboratoire intégré et des certifications
Société togolaise d’ingénierie des BTP basée à Lomé, avec des antennes à Sokodé, Dapaong, au Bénin et en Côte d’Ivoire, TrEC dispose d’un laboratoire intégré, où l’étude a été menée. Elle indique être certifiée ISO 9001, 14001 et 45001, qui portent respectivement sur la qualité, l’environnement et la santé-sécurité au travail.

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