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Togo- VIH : à Lomé, les leaders religieux s’engagent à relancer la riposte

Trois jours de réflexion ont pris fin vendredi à Lomé avec la conférence de presse de clôture de l’atelier régional de formation des formateurs sur le VIH. Organisée par le Conseil œcuménique des Églises (COE), l’Église méthodiste du Togo et le Conseil national de lutte contre le sida (CNLS), avec l’appui technique de l’ONUSIDA-Togo, la rencontre a réuni quarante-cinq participants du Bénin, du Burkina Faso, de la Côte d’Ivoire et du Togo. Thème : « Replacer le VIH au cœur de l’agenda sanitaire : rôle et leadership des acteurs religieux face aux enjeux financiers ». Au menu : la mobilisation des ressources pour les campagnes de lutte contre le VIH.

Une alliance entre foi et science

Pour Gracia Violeta Ross, responsable VIH, santé reproductive et pandémies au COE (Genève), le sida disparaît peu à peu de l’agenda international, alors que la science a réalisé d’excellentes avancées. Or les fonds s’effondrent. « Le VIH n’est pas fini au Togo ni dans la sous-région », martèle-t-elle, s’étonnant que les gouvernements ne compensent pas le retrait des partenaires. Protéger la santé est « une obligation, pas une faveur », inscrite dans la Constitution, mais aussi un mandat de Dieu : l’Église ne peut donc rester à l’écart. Son message aux autorités : la santé de la population fait la richesse du pays, car ce sont les populations actives qui portent l’économie.

La dépendance financière au cœur des débats

Damien Amoussouka, coordonnateur national adjoint du secrétariat permanent du CNLS, confirme l’enjeu. Selon le rapport REDES, le Togo dépend à plus de 80 % de ressources extérieures. Avec la raréfaction des fonds, « il faut revoir la stratégie » et miser sur la mobilisation interne, à l’approche de l’échéance de 2030.

Les participants, appuyés techniquement par les experts de l’ONUSIDA-Togo, ont aussi convenu d’encourager les partenaires au développement et le secteur privé à maintenir le VIH dans leur agenda, en augmentant durablement financement et soutien technique.

Former, sensibiliser, démultiplier

Côté Église, la pasteure méthodiste ivoirienne Brigitte Jessou, enseignante de théologie, annonce une restitution dès son retour, puis une formation relayée jusqu’aux catéchistes et prédicateurs locaux. Le constat est net : « les gens ont un peu oublié cette affaire de VIH », éclipsée par le cancer ou les maladies cardiovasculaires. « il y a toujours des contaminations, c’est sûr », précise-t-elle. Et l’Église, dit-elle, doit défendre la dignité humaine « quel que soit l’état de santé ».

Des plans d’action conjoints des leaders religieux sont attendus pour mobiliser des ressources locales, et l’intégration du VIH dans les cursus des instituts théologiques.

Une déclaration pour agir

Les trois jours de formation ont été sanctionnés par des engagements des participants. Ces engagements prolongent la Déclaration de Lomé, publiée ci-après. Elle rappelle les 1,3 million de nouvelles infections dans le monde, et le retard des enfants : 67 % seulement sont sous traitement au Togo, 51 % au Bénin.

L’accès aux soins est « une dette de justice, non une charité », soulignent les signataires. Les gouvernements sont appelés à accroître le financement national ; chefs traditionnels et leaders religieux, à combattre la stigmatisation. Car, concluent-ils, foi et science sont complémentaires. « Il est temps d’agir maintenant ! »

Lire la Déclaration de Lomé dans son intégralité.                          

DECLARATON DE LOME :  Dialogue multipartite / Soutenir la réponse au VIH avec la foi et la science

  • Nous, représentants des organisations confessionnelles, des leaders religieux, des personnes vivant avec le VIH et des personnes affectées par le VIH, des sociétés civiles, des jeunes, des partenaires au développement et des agences gouvernementales, avec le soutien technique de experts de l’ONUSIDA-Togo réunis à Lomé, réaffirmons par la présente notre engagement commun à mettre fin aux nouvelles infections par le VIH et à mettre fin au sida en tant que menace pour la santé publique.
    • Nous sommes préoccupés par le fait que le VIH reste un défi majeur, avec 1,3 million de nouvelles infections dans le monde (ONUSIDA 2025) et environ 190 000 En Afrique de l’Ouest et du Centre.  53 % de toutes les personnes vivant avec le VIH sont des femmes et des filles.
    • La réponse au VIH est à un carrefour critique en raison de la diminution des financements, de la stigmatisation et de la discrimination persistante, des insuffisances du système de santé des pays de l’Afrique sub-saharienne et de la vulnérabilité croissante des jeunes, des populations clé.
    • Les évolutions dans la lutte sont notables. Mais des Gaps existent encore. En effet, n Côte d’ivoire, on dénombre 414 078 PVVIH, dont 268 475 femmes, 126546 hommes et 19057 enfants. Le pourcentage sous TARV est de 95 000 . Au Togo, sur 100.000 PVVIH en 2025, plus de 95% sont sous Traitement (Rapport CNLS 2025). A coté de cette bonne performance on constate que seulement 67% des enfants sont sous Traitement. Au Benin en 2025, selon les estimation de ONUSIDA, on estime à70.000 le nombre de PVVIH. Parmi eux 88% connaissent leur statut sérologique et 87% sont sous TARV. En ce qui concerne les enfants seulement 51% des enfants infectés sont sous TARV. , le profil publié en 2024 par l’ONUSIDA, présente 72000 personnes vivant avec le VIH. Au Burina Faso, selon les données de ONUSIDA 2025, on estime à 94.000 le nombre de PVVIH. Parmi eux, plus de 82.000 connaissent leur statut sérologique et 100% de ceux qui connaissent leur statut sont sous TARV. En ce qui concerne les enfants moins de 42% des enfants infectés connaissent leur statut et sont sous TAR.
    • Il est particulièrement préoccupant qu’à un moment où les avancées scientifiques telles que les injectables à action prolongée pour la prévention et le traitement offrent un potentiel transformateur pour mettre fin à la pandémie de VIH, les pays en Afrique subsaharienne ne puissent pas bénéficier de ces avancées et ceci par manque de financement. Ce monde devrait offrir les services de santé à tous dans un esprit d’équité et de justice sociale.
    • Les Leaders religieux ont toujours à cœur la souffrance des personnes vulnérables et défendent leurs causes avec foi et compassion. Dans toutes les religions du monde la personne vulnérable est : le pauvre, l’étranger, la veuve et l’orphelin, la malade, la personne en détresse. 
    • Les différentes religions ont à cœur l’équité, la justice, la dignité et les soins. En effet, la bible déclare dans Lévitique 19 verset 15 que « Tu ne commettras point d’iniquité dans tes jugements : tu n’auras point égard à la personne du pauvre, et tu ne favoriseras point la personne du grand, mais tu jugeras ton prochain selon la justice. ». Dans la religion traditionnelle, les anciens et les prêtres traditionnels encouragent les communautés à la consultation et à se faire soigner. Cela se traduit par l’adage suivant « Celui qui cache sa maladie, ne peut pas se soigner ». Le Saint Coran dans la sourate 4 verset 36, il est écrit « Adorez Allah et ne lui donnez aucun associé. Agissez avec bonté envers (vos) père et mère, les proches, les orphelins, les pauvres, le proche voisin, le voisin lointain, le collègue et le voyageur, et les esclaves en votre possession, car Allah n’aime pas, en vérité le présomptueux , l’arrogant »    et dans le Hadith Moslim il est rapporté que « … celui qui œuvre à satisfaire le besoin de son frère Allah est là pour lui satisfaire le sien » Ainsi celui qui entretien par son travail la veuve et l’orphelin est comme le combattant au service de Allah. Il convient que toutes les religions ont à cœur la santé de leur communauté et le bien-être social.
    • A Lomé, l’ensemble des participants se sont inscrits dans ces préceptes bibliques, coraniques et des religions traditionnelles. Les participants réaffirment leur engagement dans la lutte contre le VIH car les questions de santé ne sont pas seulement les questions médicales, mais touchent tous les domaines de la vie. 
    • L’atelier de Lomé a mis l’accent sur : le droit du vulnérable, avec l’accès aux soins comme dette de justice, non comme une charité ; le plaidoyer prophétique contre la stigmatisation et le rejet ; la déconstruction de la théologie de la rétribution punitive ; la dignité comme valeur inaliénable de la personne humaine; l’affirmation que c’est Dieu qui guérit par la médiation scientifique ; la validation du traitement comme un acte de foi. L’ensemble des participants se sont inscrits dans ces préceptes bibliques, coraniques et des religions traditionnelles. Les participants réaffirment leur engagement dans la lutte contre le VIH car les questions de santé ne sont pas seulement les questions médicales, mais touchent tous les domaines de la vie.
    1. Nous reconnaissons et nous nous réjouissons que les communautés religieuses jouent un rôle crucial dans la promotion de la compassion, la réduction de la stigmatisation et le soutien à l’accès aux services liés au VIH. Les leaders religieux sont particulièrement bien placés pour instaurer la confiance, mobiliser les communautés et respecter la dignité humaine.
    1. Aux termes des travaux avec l’appui technique des experts locaux de l’ONUSIDA au Togo, ils ont convenu d’encourager les partenaires de développement et le secteur privé à maintenir l’infection à VIH dans leur agenda et augmenter continuellement le financement et le soutien technique, en vue d’assurer la durabilité des actions.
    1. Nous appelons donc à ce qui suit et exhortons les gouvernements à :
    2.  Augmenter et maintenir le financement national des programmes VIH
    3. Assurer un accès équitable aux innovations, y compris les injections à longue durée d’action
    4. Renforcer et intégrer les services VIH dans les soins de santé primaires
    5. Protéger les droits humains pour lutter contre la stigmatisation et la discrimination
    6. Collaborer de manière significative avec les systèmes religieux et communautaires
    7. Maintenir la sensibilisation à la prévention, aux soins et au traitement du VIH.
    1. Nous encourageons tous les partenaires de développement et de mise en œuvre, le secteur privé  et toutes les femmes et tous les hommes de bonne volonté à :
    2. Augmenter le financement continu et le soutien technique
    3. Maintenir une montée en puissance équitable et un financement innovant
    1. Nous exhortons les Chefs Traditionnels, les Leaders Religieux et les Organisations Basées sur la Foi à :
    2. Mobiliser les ressources financières au sein de leurs différentes communautés et auprès des partenaires techniques et financier
    3. Accroître la sensibilisation à la réalité de la pandémie de VIH
    4. Promouvoir des communautés inclusives et sans stigmatisation
    5. Mobiliser l’adoption de la prévention, des soins et du traitement du VIH et promouvoir l’accès équitable aux innovations scientifiques
    6. Défendre la dignité, la compassion et la justice
    7. Nous encourageons les Communautés à :
    8. Continuer la sensibilisation au VIH dans les communautés
    9. Diriger et s’engager dans la conception, la mise en œuvre et la responsabilité des programmes
    1. Nous nous engageons à :
    2. Revitaliser la réponse au VIH avec urgence
    3. Plaider pour un financement national et mondial durable
    4. Promouvoir l’extension de l’accès équitable aux innovations scientifiques
    5. Renforcer les partenariats dans tous les secteurs
    6.  Veiller à ce que personne ne soit laissé pour compte

    En conclusion, nous déclarons que la foi et la science sont complémentaires dans la promotion de la santé et la justice. Mettre fin aux nouvelles infections à VIH est possible, mais cela nécessite des actions urgentes, collaboratives et coordonnées.

    Il est temps d’agir maintenant !

    Lomé le 06 Novembre 2026

    ONT SIGNE

    N°OrganisationPaysSignature
    1CNLSTogo   
    2ONUSIDATogo   
    3COEGenève Suisse 
    4EMT ( Eglise Méthodiste Togo)Togo   
    5¨Plateforme acteurs VIHTogo   
    6ARSIP& Eglise Méthodiste Côte d’IvoireCote d’Ivoire 
    7Université Protestante en Afrique de l’Ouest (UPAO) & Alliance Biblique du Bénin (ABB)Benin 
    8Association des Églises Évangéliques ReforméesBurkina  Faso 
          

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