Engagée depuis le début de la semaine à Lomé, l’opération musclée de désencombrement des voies indigne plus d’un. L’opposant Nathaniel Olympio y voit le « travail d’une vie » détruit.
Depuis lundi, les autorités procèdent à Lomé au déguerpissement des commerçantes et commerçants installés sur les trottoirs et sur des lieux jugés illégaux. Pour beaucoup de ces femmes, qui font tourner l’économie informelle, ces emplacements sont leur seul outil de travail. Interrogé sur la situation, Nathaniel Olympio n’a pas mâché ses mots.
« C’est juste révoltant », lâche le porte-parole du front Touche Pas à Ma Constitution. Il raconte s’être rendu à Tokoin Casablanca, un quartier réputé de la capitale, où il a vu comment les engins ont tout détruit : « le travail d’une vie pour certaines personnes ». Pour lui, ces opérations ne peuvent pas être présentées comme un simple assainissement de l’espace public, tant elles frappent des gens qui n’ont pas d’autre source de revenus.
Un avertissement avant janvier
Annoncée le 4 octobre, la « journée patriotique d’avertissement » a été précisée ce vendredi par le groupe porteur du “Manifeste Génération Togo” : que chacun cesse ses activités, « simplement, pacifiquement ».
Nathaniel Olympio, leader de ce groupe, reconnaît que cesser toute activité est « un sacrifice », car certains vivent de leurs activités « au jour le jour ». Mais il rappelle que beaucoup de revendeuses et de revendeurs vont déjà au marché, ne vendent rien de la journée et rentrent chez eux, tout en payant leurs taxes. Cette journée, explique-t-il, doit servir à exprimer « une révolte, un mécontentement », un message adressé au régime
Le mouvement assortit l’appel d’un ultimatum. « Nous avons fait des revendications, nous avons des attentes. Si vous ne donnez pas satisfaction, en janvier 2027, nous serons dans les rues. »
À deux semaines du 20 novembre, le déguerpissement musclé offre à l’opposition un argument concret. Reste à savoir si la colère des commerçantes se traduira par un large suivi de l’appel.

