A quoi servent la Foire Made In Togo et le mois de consommer local ? : Mévente généralisée, riziculteurs de Kovié dans la tourmente et le désastre
Au Togo, les gouvernants sont plus dans la propagande abjecte.
Plusieurs initiatives sont juste pour endormir la population et entretenir le folklore.
Juste la semaine dernière du 26 au 28 mai 2026 une nouvelle édition régionale de la foire « Made in Togo », organisée par le Centre togolais des expositions et foires (CETEF Togo 2000) au stade municipal de Sokodé a lieu sous l’égide du ministère chargé du Commerce et du Contrôle de la qualité.
Le CETEF et ses partenaires entendent ainsi promouvoir le « consommer local », dans un contexte où le gouvernement togolais dit chercher à renforcer la transformation locale, soutenir les PME et réduire la dépendance aux importations.
Dans le décor avec les autorités administratives, opérateurs économiques, artisans et transformateurs agroalimentaires, il a été mis en avant le rôle économique des produits « Made in Togo » dans la création d’emplois et la valorisation des savoir-faire locaux.
Concrètement, que fait-on alors pour appuyer les producteurs locaux dans leur engagement de traduire dans les faits la vision annoncée des autorités?
Riziculteurs de Kovié dans la tourmente et le désastre
Les populations de Kovié, dans la Préfecture de Zio, ont célébré le 25 mai 2026 la 25I” édition de la fête traditionnelle « Kovié DukT Kpedazã », en présence de membres du gouvernement, de députés et de sénateurs.
Placée sous le thème de l’engagement collectif pour un développement harmonieux et durable, cette célébration est un cadre d’échanges sur les défis du canton, notamment dans les secteurs de l’éducation, de l’agriculture, de l’autonomisation des femmes et des jeunes ainsi que des infrastructures sociales.
Mais tout le monde n’avait pas le cœur à la fête.Les riziculteurs de Kovié et Assomé ont perdu le sommeil depuis plusieurs mois.
Pour cause: la mévente du riz de Kovié. Les producteurs ont plusieurs centaines de tonnes de stock de riz non vendus au moment où le riz importé au Togo a grandement envahi le marché.
Un tour dans la zone laisse voir des producteurs au désarroi.
«Nous avons en magasin la production de 2024 et celle de 2025 et nous nous apprêtons comme cela pour la petite campagne. A mon niveau seul , j’ai plus de mille tonnes, je n’ai plus d’argent pour continuer «, a confié dépité un producteur. Pourtant, Union Cantonale des Riziculteurs de Mission-Tové/Asome)-Vallée de Zio (UCARIM) , une coopérative agricole majeure basée dans la Préfecture de Zio, au Togo indique avoir mené plusieurs démarches auprès des autorités pour leur faciliter l’accès au marché sans suite.
Cette coopérative nourrit de nobles ambitions dans le consommer local et se consacre au développement de la riziculture, à l’autosuffisance alimentaire et à l’amélioration des conditions de vie des petits producteurs locaux. Le riz de Kovié très apprécié de consommateurs ne coûte que 12.500 FCFA le sac de 25 kg.
Il a été juste écrasé par la concurrence déloyale du riz importé.
Comme cela a été fait pour le tilapia, il importe que les ministres du commerce et de l’agriculture sortent de leur léthargie pour sauver ces producteurs à l’agonie.
KA
