Togo-Détention de Ferdinand Ayité et Joël Egah : La Cacophonie qui traduit l’arbitraire dans le dossier

Plaignant, non plaignant puis plaignant. Le rôle du ministre Kodjo Adédzé dans l’arrestation et la détention de Ferdinand Ayité et Joël Egah demeure toujours flou. La sortie du procureur de la République en rajoute à la cacophonie, signe d’une affaire montée de toutes pièces pour nuire à des voix dissidentes.

Le ministre Adédzé n’a pas porté plainte contre les journalistes Ferdinand Ayité et Joël Egah. C’est en substance ce qu’a laissé Jacques Djakouti, journaliste, suite aux critiques des organisations de la société civile et défenseurs des droits de l’homme.

Dans la foulée de cette déclaration, les critiques se sont concentrées sur le Garde des Sceaux, ministre de la Justice, Pius Agbétomey qui serait donc le seul, si l’on se fie aux propos du confrère, a avoir saisi la justice par une plainte. Il a fallu quelques heures pour démentir les déclarations de Jacques Djakouti. Intervenant sur la télévision nationale TVT, le Procureur de la République, Talaka Mawama a donné une autre version des faits.

D’abord, il a souligné que les deux confrères ont été’ arrêtés parce qu’ils sont poursuivis pour « outrage envers les représentants de l’autorité publique et diffusion de fausses nouvelles de nature à troubler la paix publique, au sens des articles 490 alinéa 1, 492 alinéa 1 et 497 du nouveau Code Pénal ».

Point n’est besoin de revenir sur cette anomalie savamment entretenue par-les juges qui consiste à appliquer le Code Pénal au délit de presse. Les explications du Procureur de la République ne convainquent que ceux qui ont envie d’y croire. M. Talaka Mawama nous apprend surtout qui sont les plaignants.

« Lundi 6 décembre 2021, j’ai été instruit par le Procureur général près la Cour d’Appel de Lomé, aux fins d’ouverture d’une enquête judiciaire sur dénonciation des ministres Kokouvi Agbétomey et Kodjo Adédzé. Suivant réquisition à la même date, j’ai saisi la Brigade des recherches er d’investigations de la Direction de la Police nationale aux fins d’ouverture d’une enquête », a-t-il déclaré.

Le ministre Kodjo Adédzé qui n’aurait pas porté plainte est donc devenu un plaignant à part entière. Et cela suscite des interrogations. Sur quel fondement le confrère Djakouti s’est-il basé pour déclarer sur les médias qu’Adédzé n’est pas lié par cette procédure ? Le ministre Adédzé est-il réellement plaignant ou non ? Cherchait-il à protéger son image d’homme d’église en faisant mentir le confrère ? Si le ministre est parmi les plaignants, pourquoi n’avoir pas réagi quand on le disait non concerné par la procédure ?

Dans tous les cas, cette sortie du Procureur de la République jette du discrédit sur cette procédure déplorée par tous, mêmes les partisans du régime. Ce discrédit est né depuis les premières heures de cette affaire, D’abord, le conseil de Ferdinand Ayité a déploré le fait que les dossiers de la plainte ne lui on pas été communiqué par le Commandant de la BRI.

« Ce matin, je suis là et je lui dis que je dois voir la plainte par laquelle il e été sais, il tournait en rond en faisant des appels par-ci et par-là. Finalement, trente minutes après, il m’appelle et me dit qu’il est dans l’impossibilité de me montrer la plainte ou le réquisitoire qui l’a saisi. Jusqu’à présent, il n’y a pas de document qui atteste qu’il y a eu plainte, soit du ministre Adédzé ou du ministre Agbétomey ou une réquisition de saisine. Il n’y a absolument rien de tout cela », avait déploré Me Elom Kpadé après une visite à son client.

Ensuite, parmi la liste des plaignants a été réduite à la seule personne de Pius Agbétomey avant d’être de nouveau élargie au ministre Kodjo Adédzé. Peut-être aussi que c’est après l’interpellation des confrères que le dossier de plainte a été confectionné. Difficile dans ces conditions de dire qu’il n’y a pas de cacophonie dans ce dossier qui porte les marques de représailles à l’endroit de journalistes politiques.

Source: Liberté

3 thoughts on “Togo-Détention de Ferdinand Ayité et Joël Egah : La Cacophonie qui traduit l’arbitraire dans le dossier

  1. Le Togo de Faure Gnass le Nullard Timbré et paresseux est pourri.
    Au Togo, on arrete d’abord les citoyens, on les interroge avec les armes aux poing, puis on cherche les accusations a leur coller. Voila notre Faure-Kopé, pays de PAIY.

  2. Les Togolais attendent de voire traduire a la justice les tueurs de la lagune de Be, de Fleaux Jardin, de Dapaong, Mango, Sokode et bien sure ceux qui ont incendie les marche du pays.
    Les petits problems mediatiques interestent plus au gouvernement que les grands
    thermes.

  3. La démocratie est en marche dans notre pays le Togo. Le pays est parmi les premiers en Afrique à avoir mis en place une Commission Nationale des Droits de l’Homme (CNDH), à dépénaliser le délit de presse. Mais cette dépénalisation n’est pas un permis pour les hommes des médias de tomber dans la désinformation et la diffamation. Le code de la presse en vigueur au Togo, exclut les réseaux sociaux de leur espace d’application et tous les acteurs le savent bien. Aussi la justice togolaise malgré ses faiblesses à montrer à plusieurs reprises qu’on pouvait lui faire confiance, la Cour Constitutionnelle la démontré dans l’affaire entre la HAAC et le journal Symphonie. Aujourd’hui, les journalistes doivent savoir clairement qu’ils doivent travailler de manière responsable et professionnelle. La qualité de journaliste seul ne suffit plus pour les faire sortir d’affaire en cas de délit de presse sur les réseaux sociaux. A bien voir, le mieux dans ce cas, serait d’éviter de faire n’importe quoi sur ces réseaux sociaux, où l’on n’a du mal à savoir qui est qui?

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