L’extradition de l’ancien président de la transition burkinabè, Paul-Henri Sandaogo Damiba, du Togo vers le Burkina Faso continue de susciter interrogations et débats dans l’opinion publique togolaise. Pour Nathaniel Olympio, le porte-parole du Front Touche pas à ma Constitution, cette démarche n’est pas anodin et pourrait traduire une stratégie politique régionale.
Dans un post publié sur Facebook, il s’interroge ouvertement : « Faure Gnassingbé prépare-t-il l’adhésion du Togo à l’AES ? » Selon lui, cette extradition, alors que Damiba est poursuivi par la justice burkinabè, marque une rupture avec une longue tradition diplomatique togolaise fondée sur l’asile politique.
Nathaniel Olympio rappelle en effet que « le Togo a toujours offert un refuge à des anciens chefs d’État déchus, que ce soit brièvement ou pour une longue durée », soulignant qu’« aucun n’a jamais fait l’objet d’une extradition ». Il cite notamment les cas de Mobutu Sese Seko, Ange-Félix Patassé et Henri Konan Bédié, tous accueillis au Togo sans remise à leurs pays d’origine.
Dès lors, cette décision inédite pose question. Pour le porte-parole du Front, elle pourrait constituer « un gage de bon profil pour une acceptation de l’adhésion du Togo à l’AES », l’Alliance des États du Sahel regroupant le Burkina Faso, le Mali et le Niger. Une hypothèse qui, si elle se confirmait, marquerait un tournant majeur dans l’orientation diplomatique et sécuritaire du Togo.


