Alors que la période est habituellement marquée par la présence de l’harmattan, plusieurs zones du pays continuent d’enregistrer des pluies inhabituelles, plongeant le monde paysan dans une certaine perplexité. Cette situation, loin d’être anodine, s’explique par des mécanismes atmosphériques bien identifiés par les services météorologiques.
Selon l’Agence nationale de la météorologie (ANAMET), ces précipitations relèvent des pluies hors saison, provoquées par une configuration atmosphérique particulière dominée par la persistance des vents du sud, appelés la mousson. Ces vents humides ralentissent, voire bloquent, la progression de l’harmattan, ce vent sec en provenance du nord.
Pour le directeur général de l’ANAMET, Dr Issaou Latifou, il ne s’agit nullement d’un phénomène anormal.
« Ce n’est pas une anomalie. Il y a toujours les vents du sud (la mousson) qui entrainent ces pluies par endroit et qui sont hors saison et qui empêchent la descente de l’harmattan, ce vent du nord », explique-t-il au micro de nos confrères de “Agridigitale”.
L’expert précise également que l’harmattan n’affecte pas uniformément l’ensemble du territoire.
« L’harmattan n’est que dans la région des savanes et une partie de la région de la Kara. Comme d’habitude, cette année également les régions des plateaux et de la région maritime n’ont pas encore ce vent. Donc c’est cette situation qui fait qu’on enregistre les pluies depuis décembre et qui continue actuellement », souligne Dr Issaou.
D’après les spécialistes, les interactions entre vents dominants, pressions atmosphériques et températures océaniques peuvent varier d’une année à une autre, rendant certains phénomènes difficiles à anticiper. Toutefois, les analyses actuelles ne sont guère optimistes quant à une installation durable de l’harmattan dans les régions méridionales.
« Même si ça doit venir, ce sera une journée et le front inter tropical remonte. Parce que c’est des phénomènes naturels qui ne sont pas prévisibles. Mais avec les analyses que nous avions pu faire, il serait difficile que l’harmattan atteigne cette année les régions des plateaux et maritimes », conclut le directeur général de l’ANAMET.


