L’instauration de la Ve République et l’usure de plusieurs décennies de luttes politiques ont creusé un fossé profond entre l’État togolais et sa population. Plus qu’une contestation ouverte, c’est désormais l’indifférence qui domine, symptôme d’une crise de confiance durable entre gouvernants et gouvernés. U
Dans une tribune publiée sur sa page Facebook, intitulée « L’indifférence comme expression de la capitulation », Gerry Taama livre un diagnostic sévère. Il y retrace son parcours politique, engagé dès le début des années 1990, depuis le militantisme scolaire jusqu’à sa participation active à plusieurs campagnes électorales majeures. Ce rappel biographique sert de préambule à un constat qu’il juge inédit : jamais l’écart entre l’État et les citoyens n’a été aussi profond.
Selon lui, l’action publique a perdu toute capacité de mobilisation ou même de réaction. Les décisions du pouvoir, les annonces gouvernementales ou les réformes institutionnelles semblent glisser sur une population désormais détachée. « Jamais il n’a existé un tel abysse entre le gouvernement et le reste de la population. Aujourd’hui, peu importe ce que le Pc ou ses ministres posent comme action, ça ne semble toucher personne », écrit-il. La Ve République, dans cette lecture, aurait mis un terme à toute perspective crédible d’alternance, figeant l’avenir et nourrissant un sentiment d’impuissance généralisée.
L’ancien parlementaire évoque une défaite politique progressive mais méthodique. Les partis auraient été affaiblis, les syndicats marginalisés, et les libertés publiques réduites à leur expression minimale. « Nous sommes devenus un pays des ombres, ou les consciences se sont atrophiées, les identités effacées. Nous avons capitulé et nous sommes désormais indifférents. Nous avons touché le fond et plus rien n’a de l’importance. Plus rien ne peut plus nous surprendre. Plus rien ne peut plus nous amener à espérer », pense Gerry Taama.
A l’en croire, les années de luttes politiques sans résultats tangibles auraient fini par épuiser les énergies. Et la perspective de deux décennies supplémentaires dans le même état nourrit une forme de fatalisme populaire, résumé par une expression bien connue : « Cabri mort n’a plus peur de couteau ». Quand tout semble déjà perdu, plus rien ne choque.
Dans une conclusion teintée d’ironie, l’ancien député évoque les refuges du quotidien – boissons locales, convivialité informelle – comme derniers espaces de respiration sociale.
Son texte, à la fois amer et lucide, pose une question centrale : que devient un pays lorsque l’indifférence remplace l’espoir ? Car si la contestation peut être contenue, l’indifférence, elle, fragilise silencieusement le lien politique.



L’opposition togolaise dans ses contradictions internes a perdu toutes ses bases, et ne trouve pas la stratégie pour les démobiliser… Le parti au pouvoir, seul sur le terrain, s’ennuie… Cela justifierait-il que les Gouvernants reviennent aux commémorations budgétivores… Les ressources sont maigres… Nous devons nous auto censurer, sans une opposition forte.