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Guerre en Ukraine : Ces Togolais enrôlés dans l’ombre des réseaux de recrutement

Ils s’appellent Dogan Komlan-Junior, Koulekpato Dosseh ou encore Sabi-Ifon Yaovi. Derrière ces noms, une réalité peu visible : celle de jeunes Togolais enrôlés dans la guerre en Ukraine, à des milliers de kilomètres de leur pays.

Selon un rapport publié le 11 février 2026, intitulé « Le business du désespoir », réalisé par le collectif d’investigation All Eyes On Wagner en collaboration avec l’ONG suisse INPACT, mettant en lumière les mécanismes de ce phénomène, au moins 1 417 Africains ont été identifiés comme ayant signé des contrats militaires avec la Russie depuis 2023, parmi lesquels figurent des ressortissants togolais. Le document, fondé sur des bases de données internes et des vérifications sur les réseaux sociaux, met en lumière un phénomène structuré et largement sous-estimé.

Des promesses, puis le front

Pour beaucoup, le départ commence par une opportunité : emploi, études ou migration vers l’Europe. Mais derrière ces promesses se cache un système de recrutement opaque.

Le rapport décrit des circuits impliquant agences de voyage, intermédiaires et plateformes numériques, où les candidats sont progressivement orientés vers des contrats militaires. Une fois sur place, la réalité bascule rapidement : formation sommaire, affectation directe au front, exposition aux combats les plus intenses.

Une mortalité alarmante

Les données recueillies dressent un constat préoccupant. Sur les 1 417 recrues africaines identifiées, plus de 300 auraient déjà été tuées. La durée moyenne de survie est estimée à environ six mois.

Ce chiffre, bien que global, donne une indication de la vulnérabilité des recrues, souvent envoyées en première ligne. Le rapport évoque des situations où certains soldats meurent quelques semaines seulement après leur arrivée.

Le cas togolais : une invisibilité préoccupante

Pour le Togo, le phénomène reste largement silencieux. Aucun chiffre officiel n’existe, et les familles, souvent peu informées, se retrouvent sans nouvelles ou face à des informations fragmentaires.

L’absence de données publiques renforce l’invisibilité de ces trajectoires individuelles, pourtant révélatrices de dynamiques plus larges. Dans un contexte marqué par le chômage des jeunes et la recherche d’opportunités à l’étranger, ces réseaux trouvent un terrain favorable.

Entre vulnérabilité et enjeux globaux

Au-delà des cas individuels, cette situation pose une question centrale : celle de la protection des citoyens face à des réseaux transnationaux.

Le rapport INPACT met en évidence un système qui exploite les fragilités économiques pour alimenter un conflit extérieur. Pour des pays comme le Togo, l’enjeu dépasse la seule question migratoire : il touche à la souveraineté, à la sécurité et à la responsabilité des États face à leurs ressortissants.

Un phénomène appelé à durer ?

Tant que les facteurs structurels – précarité, manque d’opportunités, attrait de l’étranger – persistent, ces réseaux pourraient continuer à prospérer.

Dans ce contexte, les noms identifiés dans le rapport ne sont probablement qu’une partie d’une réalité plus large. Une réalité où, loin des regards, des jeunes Togolais se retrouvent impliqués dans une guerre qui n’est pas la leur.

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