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Tyranny Tracker, nouvel indice de démocratie dans le monde : Le Togo classé parmi les régimes totalement autoritaires

Dans ses vœux de Nouvel An 2026 et son discours sur l’Etat de la nation devant le parlement, le Président du Conseil, Faure Gnassingbé, a tenté de faire croire que la réforme décriée de la Constitution qui a abouti à l’adoption de la 5è République aurait permis de consolider la démocratie dans notre pays.

« En renforçant la démocratie parlementaire, nous entrons dans une nouvelle ère politique et institutionnelle. L’adoption de la Ve République marque un tournant historique pour notre pays. La République Togolaise entre dans une nouvelle ère institutionnelle : celle d’un régime parlementaire moderne, apaisé et équilibré. Cette évolution […] incarne notre ambition collective de renforcer la démocratie, d’approfondir l’État de droit, et d’ancrer toujours davantage nos institutions dans la volonté du peuple togolais », avait déclaré Faure Gnassingbé.

Le Togo qui est dirigé depuis 1967 par la même famille et qui détient ainsi le record du plus long règne du même clan familial au pouvoir en Afrique et occupe le deuxième rang mondial après celui de la Corée du Nord, ne peut jamais prétendre être une démocratie. C’est se moquer de son monde.

La nouvelle Constitution taillée à la gloire de Faure Gnassingbé avec des institutions alignées, a porté un coup de grâce à tout espoir de démocratie dans notre pays et consacre l’archaïsme d’un pouvoir plus que solitaire et absolu. Ce que Dr Yves Ekoué Amaïzo et ses partenaires de la RCDTI et CVU Togo-Diaspora appellent une « démocratie falsifiée ».

Sur le pouvoir hybride à deux têtes qu’a donné lieu la réforme constitutionnelle controversée du régime, ceux-ci estiment que « Faure Gnassingbé, devenu récemment Président du Conseil, chef de gouvernement, avec tous les pouvoirs de l’État concentrés entre ses mains, n’a reçu aucun mandat électoral du Peuple togolais. Il en a profité pour vider de tous pouvoirs et de tous budgets autonomes, le poste de « Président de la République », devenu un Président honorifique, symbolique, un véritable Chef d’Etat protocolaire sans moyens d’action. Même les cérémonies et représentations protocolaires lui sont interdits. Ce Président n’est pas un Président de façade, ni même un Président fantoche car il ne peut même pas être manipulé par d’autres forces, tant son autonomie a été neutralisée. Il n’est même pas un Président décoratif car la fonction d’apparat lui est interdit par « autocensure ». Il s’agit donc bien d’un Président nominal qui porte le titre mais ne détient aucune partie de la substance du pouvoir » ».

En ce qui concerne la pseudo démocratie parlementaire qu’ils qualifient d’« autocratie parlementaire », elle se caractérise, selon eux, par « une concentration du pouvoir entre les mains d’un cercle restreint de dirigeants, de partisans et de miliciens tout en conservant les apparences institutionnelles d’un régime représentatif. Les institutions parlementaires et judiciaires, censées garantir l’équilibre des pouvoirs, sont neutralisées ou instrumentalisées, tandis que les processus électoraux sont vidés de leur substance démocratique ».

C’est également l’avis de l’Indice Tyranny Tracker de la Human Rights Foundation (HRF), lancé le 26 février 2026 à New York, qui a classé le Togo parmi les régimes totalement autoritaires. Le Tyranny Tracker est un outil d’évaluation qualitative destiné à surveiller l’état de la démocratie et la montée de l’autoritarisme dans le monde.

Le Tyranny Tracker a établi son classement de 206 pays selon une méthodologie reposant sur 45 indicateurs répartis en trois piliers thématiques : la compétition électorale, la liberté d’expression et la responsabilité institutionnelle.

Et le Togo, comme dans tous les rapports et études des organismes indépendants, brille à l’envers. Notre pays est hissé dans la catégorie des régimes autoritaires. Ces régimes, selon le Tyrannie Tracker, étouffent systématiquement toute concurrence électorale significative et la liberté fondamentale d’expression, tout en contrôlant étroitement un pouvoir judiciaire incapable de contrer les abus de pouvoir. Ils truquent régulièrement les élections (lorsqu’elles ont lieu), ferment les médias et organisations critiques et ciblent les opposants politiques et les dissidents par des arrestations et des assassinats, réduisant ainsi la perspective d’une transition démocratique non violente par les urnes à une simple hypothèse.

Parmi les voisins immédiats du Togo, seul le Ghana fait mieux en se classant parmi les gouvernements démocratiques. Ces gouvernements se caractérisent par des élections généralement libres et équitables, la liberté de critiquer le gouvernement et un pouvoir judiciaire indépendant capable de contrôler efficacement les abus de pouvoir. « Bien que nombre de ces gouvernements soient actuellement confrontés à de réels défis pour résister aux tendances autocratiques de dirigeants démocratiquement élus, enhardis par la polarisation politique croissante à l’échelle mondiale, ils continuent de préserver les mécanismes d’autorégulation qui permettent aux démocraties de survivre et d’évoluer, grâce à l’alternance régulière et pacifique du pouvoir entre les partis politiques opposés », écrit le Tyrannie Tracker.

Quant au Burkina Faso et au Bénin (naguère considéré comme le laboratoire de la démocratie en Afrique), sont aussi classés parmi les régimes autoritaires.

M.K

Source : Libertetogo.tg

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