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Réinventer l’école togolaise pour redonner le goût d’apprendre

A titre illustratif/Photo: DR

Face au manque d’enthousiasme et à l’inadéquation de l’école togolaise avec les réalités du pays, l’Inspecteur général Nounato Kodjo appelle à une réforme profonde du système éducatif, fondée sur des contenus adaptés, des pédagogies actives et une meilleure intégration de la communauté.

Lettre ouverte – Appel citoyen pour repenser l’école togolaise

À la communauté éducative, aux parents, aux enseignants, aux élèves, aux artisans, aux intellectuels, aux autorités locales et nationales,

« L’éducation est l’arme la plus puissante qu’on puisse utiliser pour changer le monde », disait Nelson Mandela. Mais que devient une arme sans éclat, une lumière sans rayonnement ? L’école togolaise, censée être le flambeau de l’espérance, semble aujourd’hui vaciller. Nos enfants y entrent sans enthousiasme, y restent sans passion et en sortent sans conviction.

Il suffit de les observer sur les routes, cartables en main, visages fermés, ou assis en classe, l’esprit ailleurs, pour comprendre que l’école ne leur inspire ni confiance, ni intérêt. Comme le soulignait le philosophe Alain : « L’enthousiasme est la base de tout progrès. » Or, où est l’enthousiasme de nos enfants ? Où est la joie d’apprendre ?

Une école déconnectée de la communauté

Notre école ne répond plus aux besoins fonctionnels de nos enfants ni de notre société. Elle enseigne des savoirs abstraits, souvent éloignés des réalités quotidiennes. Elle forme des esprits mais oublie les mains, elle transmet des théories mais néglige les pratiques. Comme le disait Confucius : « J’entends et j’oublie. Je vois et je me souviens. Je fais et je comprends. »

Ne serait-il pas temps que l’école togolaise devienne un lieu où l’on fait, où l’on crée, où l’on participe ?

Un appel à la réforme

Nous devons agir sur trois piliers essentiels :

• Les programmes et les contenus : qu’ils soient adaptés aux réalités locales, aux défis économiques et sociaux du Togo, et qu’ils ouvrent nos enfants au monde sans les déraciner.

• Les stratégies pédagogiques : qu’elles soient vivantes, interactives, créatives, et qu’elles placent l’élève au centre de son apprentissage. Comme le disait Socrate : « On ne peut rien apprendre à quelqu’un, on peut seulement l’aider à le découvrir en lui-même. »

• L’intégration de l’école dans la communauté : que les artisans, les cultivateurs, les artistes, les entrepreneurs deviennent des partenaires éducatifs. Car l’école ne doit pas être une tour d’ivoire, mais un carrefour où se rencontrent savoirs scolaires et savoirs pratiques.

Une école d’avenir

Nous voulons une école qui redonne aux enfants le goût d’apprendre, la confiance en eux-mêmes et l’espérance en un avenir meilleur. Une école qui prépare non seulement des diplômés, mais des citoyens responsables, des créateurs, des bâtisseurs. Comme l’affirmait Paulo Freire : « L’éducation ne change pas le monde. L’éducation change les personnes qui vont changer le monde. »

Pour le Togo

Chers acteurs éducatifs, chers décideurs, chers citoyens, il est temps de nous unir pour repenser l’école togolaise. Car une nation qui néglige son école prépare son déclin, mais une nation qui investit dans son école prépare sa renaissance.

Ensemble, faisons de l’école togolaise une école d’avenir, une école qui nourrit l’intelligence, la culture, la solidarité et le développement économique de notre cher pays.

« L’avenir appartient à ceux qui donnent aux générations futures des raisons d’espérer » écrivait Teilhard de Chardin. Donnons à nos enfants ces raisons d’espérer. Donnons au Togo une école qui soit le socle de son avenir.

Inspecteur Général de l’Education, NOUNATO Kodjo

Source : Liberte.tg

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