Le Togo a renforcé l’obligation de transformation locale de la noix de cajou en imposant aux acheteurs agréés et aux coopératives de producteurs de livrer au moins un tiers de leur collecte aux unités de transformation installées sur le territoire national, selon un arrêté interministériel publié au Journal officiel.
L’arrêté n° 0029 MEVS/MCCQ/MAPRASA, signé le 30 décembre 2025 par le ministre de l’Économie et de la Veille stratégique, Badanam Patoki, et le ministre de l’Agriculture, Antoine Lékpa Gbegbeni, modifie et complète l’arrêté historique de 2008 qui réglementait déjà la commercialisation de la noix de cajou.
Nouvelle obligation de livraison d’un tiers
Aux termes du nouvel article 8, « tout acheteur agréé de noix de cajou ainsi que toute société coopérative de producteurs sont tenus, avant toute cession aux exportateurs, de livrer aux unités de transformation établies sur le territoire national une quantité représentant au moins un tiers (1/3) du volume des noix de cajou qu’ils ont collecté ou acheté ». Le prix de cession à ces transformateurs est fixé en début de campagne par l’interprofession.
À la livraison du quota obligatoire, les unités de transformation doivent délivrer un quitus ou bordereau de livraison, préalablement visé par le Conseil interprofessionnel de la filière anacarde du Togo (CIFAT), précise l’article 9 nouveau.
Sanctions et clause de sauvegarde
Tout opérateur qui ne respecte pas cette obligation sera exclu de toute opération de vente aux exportateurs pour toute la durée de la campagne en cours (article 10). Cependant, en cas d’impossibilité avérée imputable aux transformateurs, le CIFAT peut délivrer un quitus exceptionnel après constatation formelle.
Agrément obligatoire pour l’export
L’article 15 réaffirme que l’achat et l’exportation des noix de cajou restent subordonnés à la délivrance d’un agrément par le Comité de coordination de la filière anacarde. Toute cargaison exportée sans ces documents sera saisie ; la mainlevée n’interviendra qu’après mise en conformité, les frais et préjudices restant à la charge de l’exportateur.
Ce texte vise à favoriser la transformation locale et à sécuriser l’approvisionnement des usines togolaises, alors que le pays ambitionne de transformer une plus grande partie de sa production de cajou, l’une des principales sources de devises du Togo.


