Le 27 avril 2026, pendant que le régime de Faure Gnassingbé célébrait dans le faste le 66ème anniversaire de l’indépendance, Kao Atcholi, président de l’ASVITTO, douchait l’ambiance sur X avec une question qui fâche : « En quoi les “Panafricanistes” sont-ils différents des esclavagistes et colons dans le traitement des êtres humains ? »
Le militant des droits humains avait de quoi étayer son propos. Pas de grâce présidentielle, d’abord. Ensuite, et c’est plus grave : « 13 personnes qui devraient obtenir leur liberté à la suite de l’Arrêt N°040/2026 du 18 février 2026 de la Chambre d’Instruction de la Cour d’Appel de Lomé, sont toujours en détention arbitraire jusqu’à ce jour malgré la décision de justice », écrit-il. Deux mois après une décision d’une juridiction supérieure, ces détenus n’ont toujours pas été libérés. Ce que la loi nomme, sans ambages, une séquestration.
Le contexte carcéral rend le tableau encore plus insupportable. Selon les statistiques d’avril 2026 de la Direction de l’Administration Pénitentiaire et de la Réinsertion (DAPR) que cite Atcholi, « la prison civile de Lomé a un effectif de 2 250 » détenus « pour une capacité de 600 places ». Près de 375 % de surpopulation. Et dans cette masse humaine entassée, des gens que la justice a déjà libérés sur le papier.
L’ironie est amère : le même jour où l’on célébrait la souveraineté recouvrée, l’État piétinait ses propres décisions de justice. Atcholi l’a dit tout haut. Beaucoup l’avaient pensé tout bas.

