Pendant que Faure Gnassingbé livrait ce 27 avril 2026 son traditionnel discours d’indépendance — fait d’envolées lyriques et de promesses de dialogue, quatre formations de l’opposition togolaise rendaient leur verdict. Dans une déclaration conjointe cinglante, la DMK-Originale, la DMP, la LDP et le mouvement « Touche Pas À Ma Constitution » ont qualifié ce discours de « scène surréaliste digne d’un cours académique », dénonçant vingt-et-un ans de pouvoir sans bilan, une Constitution imposée de force et une économie que le dernier rapport de l’OCDE qualifie lui-même de « structurellement défaillante ». Leur conclusion est sans appel : la seule issue pacifique à cette crise politique permanente passe par une transition inclusive. « Un peuple qui reste silencieux devant l’injustice est complice de sa propre servitude », lancent-ils en guise d’avertissement.
DÉCLARATION CONJOINTE
Discours du 27 avril 2026 de M. Faure Gnassingbé : Le crépuscule d’un régime sans bilan
Dans le traditionnel discours qui consacre chaque année la fête de l’indépendance du Togo, Monsieur Faure Gnassingbe a servi au peuple Togolais ce 27 avril 2026, une scène surréaliste digne d’un cours académique dans un amphithéâtre. Au lieu d’un bilan autocritique nécessaire après plus de deux décennies de gouvernance, le peuple togolais a eu droit à un exposé hors-sol. Ce discours n’est pas seulement déconnecté, il est l’aveu d’un pouvoir à bout de souffle qui tente de masquer par des artifices de langage, son incapacité à transformer le pays.
Faure Gnassingbe a beau répéter les mêmes litanies de son adresse du 31 décembre 2025, embellies de nouvelles envolées lyriques pour séduire la communauté internationale, cela ne change rien à la désolation croissante de la vie des Togolaises et des Togolais.
Vingt-et-un ans de règne : le grand vide comptable
Après 21 ans à la tête de l’État, le temps n’est plus aux leçons de français ou aux théories sécuritaire et économique, mais à la reddition de comptes. Faure Gnassingbé a une nouvelle fois esquivé le bilan de ses deux décennies de pouvoir.
Ce silence sur les résultats concrets témoigne d’une réalité amère : l’échec d’un système qui n’a profité qu’à une minorité, laissant la majorité des Togolais dans une précarité systémique entretenue par une économie structurellement « défaillante » selon le dernier rapport de l’OCDE.
L’impasse économique et sociale : le prix de l’incompétence
Le Togo est aujourd’hui plongé dans une détresse sociale sans précédent. L’économie, étranglée par une dette croissante et une corruption endémique impunie, ne répond plus aux besoins de survie des citoyens. L’impunité encourage l’arrogance des dirigeants, il en découle un corollaire accablant : – l’accès aux soins est devenu un luxe pour les citoyens qui choisissent entre se soigner et se nourrir ; – les ménages et les entreprises n’ont plus d’énergie électrique pour fonctionner normalement ; – la population n’a pas d’eau potable à boire, y compris dans la capitale et les grandes villes ; – l’insuffisance criarde des infrastructures et équipements éducatifs ; – la jeunesse, désabusée, n’ayant pour seul horizon que la fuite du pays ; – beaucoup de nos compatriotes croupissent en prison ou se retrouvent en exil, à cause de leurs opinions. Ce décalage entre la beauté des mots dans ce discours lunaire et la réalité du quotidien des Togolais caractérisée par la dureté de la vie, est une insulte adressée aux Togolais.
La 5ème République est sans aucun doute une fuite en avant institutionnelle
Le passage forcé à une 5ème République n’est qu’un artifice juridique pour masquer l’impasse politique dans lequel le régime a plongé le Togo. Ce nouveau cadre institutionnel, imposé contre la volonté populaire, n’apporte aucune solution aux crises que traverse le pays. Au contraire, il consacre une présidence à vie qui ne dit pas son nom, fuyant la sanction des urnes pour se réfugier dans une stabilité imposée par la force brutale, sans aucune vision ni résultats tangibles.
Un dialogue sans intérêt
« Dans les prochaines semaines, une phase d’échanges sera engagée, avec les institutions, avec le secteur privé, avec la société civile, avec nos partenaires, pour enrichir la réflexion du gouvernement autour de l’élaboration de cette feuille de route. »
L’appel déguisé à ce dialogue, caché dans le discours de Faure Gnassingbé, et dont l’objectif est de consolider le pouvoir, n’a aucun intérêt pour les Togolais. Nous rejetons ce mépris affiché et exigeons une rupture réelle, ici et maintenant avec ce système qui a érigé l’incompétence, la corruption et le manque de vision et d’ambition en mode de gouvernance de l’Etat. Nous réitérons que la seule issue pacifique à cette crise politique permanente est le passage par une transition inclusive qui épargne au Togo des convulsions majeures. Nous en appelons au peuple togolais, le réveil, c’est maintenant. Ensemble, prenons courageusement nos responsabilités et construisons une avenir meilleur pour nous et les générations futures. « Un peuple qui reste silencieux devant l’injustice est complice de sa propre servitude. Aujourd’hui, refusons d’être complices. »
DMK – ORIGINALE Dynamique Monseigneur, Kpodzro Thomas Kokou NSOUKPOE, Superviseur Général
DMP, Dynamique pour la Majorité du Peuple , Sambiri TARGONE, Coordonnateur
LDP, Lumière pour le Développement dans la Paix , Tchagnaou OURO-AKPO, Président
« Touche Pas A Ma Constitution », Nathaniel OLYMPIO, Premier Porte-Parole

