Au Togo, le gouvernement se réunit, réfléchit, évalue, projette. Sur le papier, tout est parfait. Mardi 7 avril, le Président du Conseil Faure Gnassingbé a présidé le premier séminaire gouvernemental de 2026, consacré à « une évaluation rigoureuse » de la feuille de route 2020-2025 et à la préparation de la suivante. Ambition affichée : des « résultats concrets, mesurables et utiles ». Rien que ça.
Mais comme souvent, ce n’est pas dans les discours qu’il faut chercher… c’est dans l’image. Sur la photo officielle, à droite du chef de l’État, trône Dominique Strauss-Kahn. Une présence devenue presque banale. Presque. Car voilà un pays le Togo qui se réclame pourtant souverain et qui confie une partie de sa réflexion stratégique à une poignée d’« experts internationaux » recyclés en conseillers permanents.
Depuis vingt ans, le palais de Lomé 2 a vu défiler Tony Blair et son institute, DSK et ses certitudes d’ancien grand argentier mondial, Carlos Lopes et ses analyses onusiennes, Lionel Zinsou et ses conseils de banquier d’affaires. Des pointures. Des signatures. Des additions certainement salées. Mais des résultats ? Invisibles à l’œil nu. Même avec microscope.
Pendant que ces « cerveaux importés » enchaînent séminaires sur séminaires, le quotidien des Togolais, lui, ne change pas vraiment. La feuille de route évolue, les concepts se raffinent, les mots deviennent plus techniques… mais sur le terrain, l’impact reste une énigme.
Alors la question revient, insistante : pourquoi cette dépendance chronique à l’expertise étrangère ? Le Togo manque-t-il vraiment de compétences ? Difficile à croire, dans un pays qui regorge de cadres formés dans les meilleures universités, souvent laissés à la marge.
Le paradoxe est là. Un État qui parle de souveraineté… mais pense sous assistance. Qui vante des résultats… mais peine à les montrer. Qui multiplie les conseillers… mais réduit au silence certaines voix locales jugées trop indépendantes. Au fond, ces séminaires ressemblent de plus en plus à un exercice bien rodé : on évalue, on projette, on communique. Et on recommence

