La principale retombée de la troisième édition du forum d’affaires Biashara Afrika, organisée à Lomé du 18 au 20 mai 2026 est l’exemption de visa d’entrée sur le territoire national pour l’ensemble des ressortissants des États africains, détenteurs d’un passeport en cours de validité.
La mesure a été prise à la suite d’une annonce faite par le Président du Conseil du Togo, Faure Gnassingbé, à l’ouverture de cette rencontre autour du thème « Accélérer la transformation économique de l’Afrique grâce à la ZLECAF .»
Plus de 1 500 participants notamment décideurs publics, chefs d’entreprises, investisseurs, institutions financières et organisations professionnelles venus de plusieurs pays du continent étaient au rendez-vous au Palais des Congrès de Lomé pour cette rencontre d’affaires dédiée à la promotion des échanges commerciaux et des investissements dans le cadre de la ZLECAF.
A l’ouverture des travaux, Faure Gnassingbé, dans son intervention, a abordé le thème de cette édition, en soulignant que la ZLECAF n’est plus une option politique, mais une nécessité historique au regard des mutations profondes de l’économie mondiale. Selon lui, la réussite du continent dépend désormais de sa capacité à traduire ses ambitions politiques en résultats économiques tangibles.
« La première étape de la réussite de l’Afrique dépendra désormais de notre capacité proactive à transformer une ambition politique en réalité économique concrète. L’Afrique doit donc renforcer sa capacité collective de résilience. L’intégration régionale devient une nécessité économique et géostratégique », soutient-il.
Suppression de visa et la consécration de la double face de Faure Gnassingbé
Si cet énième forum au Togo a eu un mérite pour les participants, c’est bien celui de l’exemption du visa pour les ressortissants africains. En effet, à l’ouverture lundi 18 mai 2026 au Palais des Congrès de Lomé, la ministre nigériane du Commerce a dénoncé des tracasseries subies à l’aéroport de Lomé par certains investisseurs membres de sa délégation pour problème de visa.
En prenant la parole, Faure Gnassingbé a instruit le ministre de la sécurité de «régler cette anomalie sous 48 heures.» Une déclaration qui a nourri une salve d’applaudissements dans la salle. Quelques heures après, un communiqué du ministre Calixte Madjoulba le même jour a confirmé la suppression de visa sous certaines conditionnalités. L’exemption de visa est limitée à un séjour maximal de 30 jours et ne dispense pas du respect des exigences sécuritaires, sanitaires et migratoires en vigueur dans le pays. Les voyageurs sont notamment tenus de procéder à une déclaration préalable via la plateforme officielle dédiée, au moins 24 heures avant leur arrivée, afin d’obtenir un bordereau de voyage exigé aux postes frontaliers.
Il est une évidence que le Togo vient de rejoindre d’autres pays comme le Bénin, le Rwanda, la Gambie, le Ghana, l’Angola, Les Seychelles qui ont déjà supprimé les visas pour les Africains. Cependant, la célérité avec laquelle cette décision a été prise, montre bien que beaucoup d’autres anomalies notamment la corruption, le népotisme, le détournement des deniers publics, l’enrichissement illicite des pontes au sommet pouvaient être éradiqués de la gouvernance du Togo si Faure Gnassingbé avait décidé que cela soit ainsi.
Voilà plus de 21 ans que des prédateurs économiques ne sont aucunement inquiétés. Des décisions majeures pour relever le pays du marasme sont jetées à la poubelle. La principale motivation de Faure Gnassingbé dans la prise de cette décision à la hussarde, c’est juste pour polir son image à l’international pendant que tout est pourri à l’intérieur. Une décision avec des incidences majeures sur le marché intérieur à bout de souffle en raison de la concurrence extérieure. Au-delà, la liberté de circulation à l’intérieur du Togo n’est pas une garantie pour tous les citoyens pour des raisons politiques. C’est bien là la double face du successeur de Eyadema Gnassingbé.
Kokou AGBEMEBIO
Source : Lecorrecteur.tg
