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Togo- Sanction de l’ARCOP, blocage du CPC, inondations : le président de Santé du Peuple sans détour

Dimanche 19 juillet 2026. Invité de l’émission « D12 » sur Pyramide FM, le Dr Georges William-Kouessan, président du parti Santé du Peuple, est revenu sur l’actualité sociopolitique togolaise de la semaine, entre satisfecit prudent, critique institutionnelle et appel à la vigilance sanitaire.

L’ARCOP sanctionne, l’alternance en toile de fond

Réagissant à la décision de l’Autorité de régulation des commandes publiques (ARCOP) de reconnaître un agent de l’État coupable de fraude, avec un ministre (Isaac Tchiakpé) entendu dans le dossier, Dr Georges William-Kouessan applaudit « une décision qu’il faut saluer », rappelant que ce type de sanction est rarissime dans l’histoire politique récente du pays, hormis l’affaire de la Lonato sous le général Eyadéma,  impliquant le tout puissant ex-ministre Kpotivi Laclé en 1989.

Mais l’opposant tempère aussitôt : « je mets un doute » quant à la portée réelle de ce geste, estimant que ce genre de décision ne prend véritablement racine que dans un contexte où « l’alternance n’est pas gelée ».

Dr Georges William-Kouessan prend le Bénin en exemple, où la CRIET sanctionne régulièrement les malversations : selon lui, ce résultat n’est « pas le fruit du hasard », mais celui de plusieurs décennies d’alternances successives qui ont « délié les langues » et forcé les institutions à se remettre en cause. Une lecture qui fait de l’alternance politique, plus que la seule volonté répressive, la condition structurelle de la lutte anti-corruption.

Un CPC « qui ne l’est plus »

Sur le Cadre permanent de concertation, dont Santé du Peuple s’est retiré depuis l’avènement de la Ve République, le président du parti dénonce un cadre où « on ne laisse pas le débat aller en profondeur », des convocations improvisées « du jour au lendemain », et surtout la présence de partis « sous la bannière de l’opposition » qui, au moment des décisions, « soutiennent les décisions du pouvoir en place ». Conséquence, selon lui : « les vraies rivalités sont entre les partis d’opposition », chacun cherchant à être « le meilleur au sein de l’opposition » plutôt qu’à s’unir face au pouvoir.

Il ne réclame pas la dissolution du CPC mais « une profonde réforme », condition pour qu’il redevienne un « cadre consensuel, producteur d’émancipation sociale et politique ». Il plaide en parallèle pour une assise nationale élargie à « tous les acteurs de ce pays, la société civile et les forces vives », devant déboucher sur une alternance « sans chasse aux sorcières, sans exclusion, sans confiscation du pouvoir ».

Inondations : agir en amont, pas seulement dans l’urgence

Médecin et pharmacien de formation, Dr Willam-Kouessan alerte sur les conséquences sanitaires des inondations qui touchent le Togo depuis plusieurs semaines : paludisme, typhoïde, choléra. Il appelle à renforcer les mesures « en amont », citant la politique d’urbanisation et la lutte contre les eaux de ruissellement, et salue le projet RAINE, dont il attend l’achèvement en 2028, tout en jugeant les mesures actuelles « insuffisantes ».

Sur ces trois fronts, le président de Santé du Peuple trace une même ligne : pas de réforme durable, institutionnelle, politique ou sanitaire, sans un changement profond des rapports de pouvoir au Togo.

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