Advertisements

EGENT Togo et l’ATJ2E mobilisent les médias face au délestage

Une trentaine de journalistes togolais se sont retrouvés ce jeudi 30 juillet à l’Université de Lomé autour d’un thème qui, sur le papier, semble technique, mais qui touche en réalité au quotidien de millions de foyers : « Le rôle des médias dans la promotion des énergies renouvelables et des solutions alternatives face aux défis du délestage au Togo ». L’atelier était organisé conjointement par EGENT Togo, entreprise spécialisée dans le génie électrique, les nouvelles technologies et l’installation de solutions solaires, et l’Association togolaise des journalistes engagés pour l’environnement (ATJ2E).

Sur le fond, la rencontre a d’abord servi à remettre les chiffres sur la table. Le Togo dispose d’une capacité de production électrique estimée à 482 mégawatts (MW), largement suffisante, en apparence, pour couvrir les besoins du pays. Mais cette puissance n’est jamais mobilisée dans son intégralité au même moment. En journée, la consommation nationale tourne autour de 250 MW. Le problème survient en soirée : entre 17 heures et minuit, lorsque les ménages allument climatiseurs, téléviseurs et réfrigérateurs, la demande grimpe jusqu’à 380 MW, créant un pic que le réseau peine à absorber.

À cette équation s’ajoute une dépendance structurelle : selon les explications données lors de l’atelier, le Togo importe du Nigeria et du Ghana près de la moitié de l’électricité qu’il consomme. La moindre baisse de disponibilité chez ces fournisseurs se répercute donc immédiatement sur le réseau togolais, dans un contexte où la production peine déjà à suivre une demande structurellement supérieure à l’offre.

Un déficit d’information plus qu’un déficit de solutions

C’est là que la dimension médiatique de la rencontre prend tout son sens. Une étude pilotée par Africa Climate Insights, en partenariat avec Teranga Lab, a passé au crible 7 798 contenus éditoriaux publiés dans cinq pays de la région, Sénégal, Mali, Burkina Faso, Niger et Mauritanie. Résultat : moins de 1 % de ces contenus abordent la question des énergies renouvelables. Un chiffre présenté comme un signal d’alarme pour l’ensemble de la profession, dans un contexte où les journalistes interrogés évoquent eux-mêmes un manque de formation spécialisée, des données scientifiques difficiles d’accès et des rédactions économiquement fragilisées.

C’est pour répondre à ce constat que l’ATJ2E s’est rapprochée d’EGENT Togo, avec l’ambition de renforcer la capacité des journalistes togolais à produire des contenus de qualité sur la transition énergétique. Dans son discours d’ouverture, le responsable de l’ATJ2E, Hector NAMMANGUE, a insisté sur la responsabilité collective qui incombe aux médias : informer, selon lui, ne consiste pas seulement à rapporter des faits, mais à permettre aux citoyens de « comprendre et de s’approprier leur avenir énergétique ».

Le directeur général d’EGENT Togo, Komla Awuté, a de son côté profité de la rencontre pour présenter les activités de son entreprise et les atouts du solaire face aux coupures récurrentes. Selon lui, de nombreux ménages, commerces et même centres de santé subissent directement les conséquences du délestage, qu’il s’agisse de pertes d’activité pour les PME et les restaurants ou de complications pour certains actes médicaux. Une situation que des solutions solaires, individuelles ou hybrides combinées au réseau classique, pourraient selon lui atténuer progressivement, à condition que l’information circule mieux auprès du grand public.

Reste, pour les journalistes présents, à transformer cette sensibilisation en une couverture plus régulière d’un sujet encore largement sous-traité dans les médias togolais et ouest-africains.

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *