La question vient d’André Kangni Afanou, président du Centre de formation et de documentation sur les droits de l’Homme. Sur sa page Facebook, l’acteur de la société, un peu soucieux de l’avenir de son pays, interpelle les autorités sur l’orientation politique, économique et sociale du Togo.
Vers quelle destination nous conduit-on ? La question est légitime. Car derrière l’interrogation, il y a un pays qui tangue. Une inflation qui grignote les salaires sans jamais s’arrêter. Une majorité de Togolais qui vivent sous le seuil de pauvreté. Et un pouvoir qui, depuis des années, croit avancer sans dire exactement où il va. Kangni Afanou, lui, a décidé de le lui rappeler.
« Devons-nous nous taire ? Et subir ? »
La phrase claque. Elle résume à elle seule le malaise d’une partie de la société civile togolaise, lasse d’être tenue à l’écart des grandes décisions. « Avons-nous le droit de donner notre avis ? Ou devons-nous nous taire ? Et subir ? », lance le défenseur des droits humains, sans détour ni précaution oratoire.
Puis vient l’estocade. Celle qui vise directement le sommet de l’État : « Il faudra qu’un jour nos dirigeants nous disent vraiment le type de société vers laquelle ils nous mènent. » Une démocratie où « les droits et libertés sont sacralisées » ? Ou une société où « la restriction des libertés est la norme » ? Kangni Afanou pose la question. Il n’attend visiblement plus qu’une réponse.
Le flou, encore le flou
L’homme ne s’arrête pas là. Économie, éducation, culture, tourisme : tout y passe. « Quel modèle économique proposent-ils pour que le Togo soit une vraie puissance dans les années qui viennent ? Quel système éducatif ? » Autant de chantiers que le pays, selon lui, aborde sans boussole claire, ni cap assumé, ni vision partagée.

