Au terme d’une réunion intergouvernementale de trois jours, les deux pays ont annoncé une « nouvelle étape » de leur coopération. Moscou voit dans le Togo un point d’ancrage potentiel dans le golfe de Guinée.
Le Togo et la Russie ont décidé d’élargir leur partenariat à de nouveaux secteurs, notamment les mines et l’énergie. L’annonce a été faite à l’issue de la première session de la Commission intergouvernementale de coopération, réunie pendant trois jours à Lomé et close jeudi 1er octobre, rapporte TV5 Monde.
Mines, électricité, hydrocarbures
Selon un communiqué de la présidence togolaise, les secteurs concernés incluent les mines, avec le « renforcement de l’expertise géologique » et le recours aux nouvelles technologies, ainsi que l’amélioration de l’accès à l’électricité et la gestion des hydrocarbures. « Cette rencontre marque une nouvelle étape dans les relations entre les deux pays », souligne la même source.
Des experts des deux pays ont participé aux travaux. Le ministre russe de l’Énergie, Sergueï Tsivilev, était présent à Lomé jeudi, au lendemain d’une visite en Centrafrique, autre allié de Moscou sur le continent.
Science et éducation au programme
À l’ouverture des discussions, mardi 29 septembre, Angelina Zuikova, chargée des pays africains au ministère russe du Développement économique, a présenté le Togo comme « un partenaire important » sur le continent, dans les domaines commercial, économique, culturel et humanitaire. Coprésidente de la session, elle a ajouté que des accords conjoints seraient signés dans la science et l’éducation.
Un rapprochement en plusieurs étapes
Petit pays côtier d’Afrique de l’Ouest, le Togo a renforcé ses relations avec la Russie ces dernières années. Les deux États ont signé en 2025 un accord de coopération militaire permettant à Moscou d’envoyer au Togo des instructeurs, des navires et des aéronefs militaires.
Toujours selon la chaîne, la Russie ambitionne de faire du Togo son point d’ancrage dans le golfe de Guinée, après le Sahel, où sont déployés les soldats de l’Africa Corps, placés sous le contrôle direct du ministère russe de la Défense.
Une présence russe qui interroge
Ce rapprochement suscite des interrogations. La semaine dernière, le ministre togolais des Affaires étrangères, Robert Dussey, a affirmé qu’il n’y avait pas de « mercenaires russes » dans le pays. Quelques mois plus tôt, l’opposition s’était inquiétée de la présence présumée de forces étrangères dans le nord, pour appuyer l’armée face aux jihadistes.


La coopération énergétique et minière peut avoir des effets importants à long terme. Les prochaines étapes de ce partenariat seront intéressantes à observer.