C’est une première dans l’histoire du football togolais : un sélectionneur qui, avant la CAN, se qualifie d’abord pour le tour préliminaire de l’énervement. Mardi 3 novembre, Patrice Neveu présentait sa liste pour la double confrontation face à l’Algérie. Tout se déroulait dans la plus grande courtoisie, jusqu’à ce qu’un journaliste de Nana FM, Espoir Gato, commette l’impardonnable : poser une question.
Deux, pour être précis. La première, sur la qualification à la CAN 2027, dont chacun croyait qu’elle figurait au cahier des charges. La seconde, sur ses pronostics contre l’Algérie.
Le coach a répondu que sa mission première n’était pas de qualifier le Togo, mais de reconstruire la sélection. Puis il a vu dans la question une tentative de déstabilisation. Il faut dire que, pour une équipe invaincue ou presque (3 victoires, 2 nuls, 1 défaite en six matchs), il n’y a pas de quoi trembler devant un micro.
Après la clôture officielle, le technicien s’est dirigé vers le questionneur. On aurait cru à un face-off, ces face-à-face de pesée dans les sports de combat, façon MMA, ce mardi dans la salle de conférence du stade de Kégué. Une vingtaine de journalistes d’un côté, de l’autre un Patrice « Nerveu », chauffé à blanc, prêt à en découdre. Il a fallu que le staff et des confrères s’interposent.
Le sélectionneur a ensuite quitté la salle, sans doute pour aller travailler son pressing, qui était en avance sur celui du reste de l’équipe. Cette fois, ses multiples bracelets au poignet ne l’ont pas aidé à calmer son stress : on a connu des grigris plus efficaces.
Au Togo, on dit que les Éperviers volent haut. Reste à savoir si c’est au-dessus des questions ou au-dessus des journalistes.

