Togo : l’Université de Lomé s’inspire de la gouvernance chinoise pour un développement durable

Ce mardi, l’Université de Lomé a donné le coup d’envoi à un atelier de restitution consacré à trois séminaires organisés en Chine en 2024, auxquels des délégations togolaises ont participé. La cérémonie d’ouverture a été présidée par le professeur Adama Kpodar, président de l’université, en présence de Weidong Chao, ambassadeur de Chine au Togo. L’objectif de cette initiative est de partager avec une cinquantaine de participants les enseignements tirés de ces rencontres tenues fin 2024 en Chine.

Organisé par le Centre de Recherche Chine-Afrique (CRCA), l’événement a réuni universitaires, responsables ministériels. L’atelier s’inscrit dans une quête ambitieuse : décrypter le modèle chinois pour en tirer des leçons applicables au développement togolais.

Les trois séminaires – « La modernisation à la chinoise », « Le dialogue des think tanks africains » et « La gouvernance à la chinoise » – ont offert aux participants togolais un accès privilégié aux rouages d’une puissance mondiale. « Il s’agissait de comprendre comment la Chine structure ses systèmes pour un développement harmonieux et durable », a expliqué le professeur Joseph Tsigbé, directeur du CRCA.

Au cœur des échanges, trois piliers du succès chinois ont été mis en lumière : une vision à long terme, une stratégie rigoureuse et une discipline sans faille. Mme Batchabani Abidé, cheffe de division au ministère de l’Administration territoriale, a illustré cette approche : « En Chine, la nature n’est pas une barrière : lorsque des obstacles existent, l’État intervient en construisant des infrastructures adaptées, perçant montagnes et cours d’eau pour développer chaque territoire. » Une leçon qu’elle juge essentielle pour le Togo, où les défis infrastructurels persistent.

L’événement a aussi été marqué par un appel à l’action. « Ces acquis ne doivent pas rester dans des rapports, mais inspirer des politiques et des actions concrètes », a martelé le professeur Tsigbé, insistant sur la nécessité de diffuser largement ces connaissances. Un sentiment partagé par le professeur Kpodar, qui voit dans cette coopération une opportunité unique : « Nous avons à nos côtés une puissance économique qui nous tend la main dans une logique de partenariat. Il est de notre responsabilité de saisir cette opportunité avec discernement. »

Côté chinois, l’ambassadeur Weidong Chao a réaffirmé l’engagement de son pays : « La Chine est disposée à partager ses philosophies de couronnement et ses expériences de développement. Mais au fond, notre politique est nette et claire : c’est de soutenir toujours les pays africains pour explorer en toute indépendance les conditions qui leur suffisent. » Une promesse d’autonomie qui résonne avec les aspirations togolaises.

Entre planification centralisée, indépendance énergétique et intégration citoyenne, le modèle chinois fascine et interroge. Pour les participants, l’enjeu est clair : adapter ces principes à un contexte local marqué par des défis sociopolitiques et économiques propres. Alors que les relations sino-togolaises, nouées depuis 1972, continuent de porter leurs fruits dans l’éducation et la recherche, cet atelier pourrait bien poser les jalons d’une gouvernance renouvelée au Togo. Reste à transformer ces leçons en actes.

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