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Progrès fragiles : des millions d’enfants encore en danger face aux coupes dans l’aide mondiale

Edmond Amouzou agent d'état civil depuis 3 ans dans la commune lac 1 au Centre Hospitalier Prefectoral D'Adjido Aneho (CHPA) sensibilise les mamans sur l'importance de déclarer leur enfants à l'état civil le 23/09/2022

En 2023, le nombre de décès d’enfants de moins de cinq ans a chuté à 4,8 millions, selon deux nouveaux rapports des Nations Unies, tandis que le nombre de mortinaissances se stabilise autour de 1,9 million. Un progrès historique, mais fragile : les experts alertent sur le ralentissement des avancées et le risque que des millions d’enfants meurent encore de causes évitables si les financements mondiaux continuent de diminuer.

Depuis 2000, les investissements internationaux en santé, nutrition et accès à l’eau salubre ont permis de diviser par deux la mortalité infantile et de réduire de plus d’un tiers le nombre de mortinaissances. « Des millions d’enfants sont en vie aujourd’hui grâce aux interventions éprouvées telles que les vaccins, la nutrition ou l’accès à l’eau salubre », souligne Catherine Russell, Directrice générale de l’UNICEF. Mais elle avertit : « Sans investissements adéquats, les résultats obtenus pourraient être anéantis, et des millions d’enfants supplémentaires mourront de causes évitables. »

Le ralentissement des financements internationaux menace directement les programmes vitaux : pénuries d’agents de santé, fermetures de services, perturbations dans la vaccination et rupture de traitements essentiels comme ceux contre le paludisme. Le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, Directeur général de l’OMS, insiste sur l’urgence de la collaboration mondiale pour protéger la santé des enfants et prévenir ces pertes évitables.

Les rapports révèlent également des inégalités criantes : près de la moitié des décès d’enfants surviennent au cours du premier mois de vie, souvent à cause de complications liées à la naissance prématurée. Après la période néonatale, les maladies infectieuses, le paludisme et la diarrhée restent les principales causes de décès. Pour les mortinaissances tardives, 45 % surviennent pendant l’accouchement, liées aux infections maternelles ou à l’absence d’intervention médicale rapide.

Le lieu de naissance joue un rôle déterminant : un enfant né en Afrique subsaharienne a 18 fois plus de chances de mourir avant cinq ans qu’un enfant né en Australie ou en Nouvelle-Zélande. Les enfants pauvres, vivant en zone rurale ou dont la mère a un faible niveau d’instruction sont particulièrement vulnérables. De même, 80 % des mortinaissances surviennent en Afrique subsaharienne et en Asie du Sud.

Pour sauver davantage de vies, les experts recommandent un meilleur accès aux soins de santé maternelle, néonatale et infantile, incluant les consultations prénatales et postnatales, la vaccination, les programmes nutritionnels et les soins spécialisés aux nouveau-nés fragiles. Juan Pablo Uribe, Directeur mondial pour la santé à la Banque mondiale, rappelle : « Investir dans la santé des enfants garantit leur survie, leur éducation et leur contribution future à l’économie mondiale. »

Face à ces défis, le Groupe interorganisations des Nations Unies appelle les gouvernements, donateurs et partenaires à protéger les acquis durement obtenus et à intensifier les actions. Il est urgent d’augmenter les investissements, d’intégrer les services et d’innover, afin d’élargir l’accès des enfants et des femmes enceintes aux soins essentiels et de sauver des millions de vies supplémentaires.

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