Dans un communiqué de presse daté du 12 janvier 2026, le Togo Rights and Freedom Network – UK, au nom d’anciens détenus politiques récemment libérés, brise le silence. À travers un texte à la fois grave, mémoriel et engagé, le collectif rend hommage aux victimes mortes en détention, remercie les soutiens nationaux et internationaux, et interpelle les autorités togolaises ainsi que l’opinion publique mondiale sur la persistance des détentions politiques au Togo. Entre appel à la conscience, dénonciation de l’arbitraire judiciaire et revendication de justice, ce communiqué — que nous publions dans son intégralité ci-dessous — se veut un acte de mémoire, de vigilance et de mobilisation pacifique.
Communiqué de presse
Les détenus politiques libérés sont reconnaissants et lancent un appel à la conscience nationale et internationale
Avant toute parole : la minute de silence comme fondement moral
Avant toute parole,
avant toute revendication,
avant toute analyse politique ou juridique,
Togo Rights and Freedom Network – UK appelle solennellement la Nation togolaise et la communauté internationale éprise de justice, de dignité et de droits humains à observer une minute de silence.
Une minute de silence pour nos frères et sœurs morts en détention.
Une minute de silence pour celles et ceux dont les noms n’ont jamais été prononcés dans les salles d’audience, mais qui demeurent gravés à jamais dans notre conscience collective.
Une minute de silence pour les vies brisées, les corps affaiblis et les destins suspendus derrière des murs qui n’étaient ni des lieux de correction ni des espaces de réhabilitation, mais des lieux de souffrance extrême.
« Un peuple qui oublie ses morts se condamne à revivre leurs souffrances. » — Proverbe africain
Que cette minute de silence traverse les frontières, les peurs et les silences imposés.
Qu’elle soit à la fois une prière, un hommage et un engagement.
Action de grâce : foi, endurance et force morale
Au commencement de ce communiqué, nous rendons grâce à Dieu, Maître du temps et de l’histoire.
Dans l’obscurité des cellules,
dans l’attente interminable,
dans les jours de jeûne, de maladie et de faiblesse,
c’est la foi qui a maintenu vivante l’espérance.
« Quand tout semble perdu, la foi devient une forme de résistance. »
Nous rendons grâce :
pour les vies préservées,
pour la force accordée,
pour la solidarité suscitée,
pour chaque conscience éveillée face à l’injustice.
Cette reconnaissance n’est ni résignation ni naïveté.
Elle est une force morale dans un combat profondément humain.
Qui nous sommes : des citoyens devenus prisonniers politiques
Nous sommes des femmes et des hommes togolais.
Nous sommes des citoyens ordinaires.
Nous ne sommes ni des criminels, ni des ennemis de la Nation.
En exerçant nos droits fondamentaux, beaucoup d’entre nous sont devenus des prisonniers politiques.
Certains ont passé seize années en détention.
D’autres neuf, sept ou six années, parfois assez longtemps pour effacer une vie entière.
Parmi nous, il y avait :
des femmes,
des mères allaitantes,
des personnes malades,
des personnes âgées.
Nous avons partagé les mêmes murs,
les mêmes silences,
les mêmes humiliations,
les mêmes incertitudes.
« La prison n’enferme pas seulement les corps, elle met à l’épreuve les âmes. »
La détention politique : blessures durables et familles brisées
Nous avons vu certains de nos compatriotes quitter la prison sans jamais revenir vivants.
Nous avons vu d’autres en sortir profondément diminués, marqués à vie, physiquement et psychologiquement.
Des familles ont été détruites.
Des enfants ont grandi sans parents.
Des existences ont été suspendues, parfois définitivement.
« La détention arbitraire ne punit pas seulement l’individu, elle punit toute une famille. »
La liberté provisoire : un acquis fragile, non une justice rendue
Aujourd’hui, certains d’entre nous bénéficient d’une liberté provisoire, obtenue à l’issue de longues luttes pacifiques, notamment des grèves de la faim successives, dont la plus récente, illimitée, a duré cinquante-six jours.
Cette liberté partielle :
n’est pas une reconnaissance judiciaire,
n’est pas une réparation,
n’est pas la vérité.
Elle est le fruit d’un rapport de force moral, humain et pacifique.
« Quand la justice tarde, la résistance devient un devoir. »
Clémence présidentielle et silence de la justice
Nous prenons acte des décisions ayant conduit à certaines libérations provisoires sous couvert de clémence présidentielle et de contrôle judiciaire.
Cependant, nous constatons avec gravité :
aucune reconnaissance officielle des détentions arbitraires,
aucune réparation des préjudices subis,
aucune vérité judiciaire établie.
La justice n’a pas encore nommé l’injustice.
« Nommer l’injustice, c’est déjà commencer à la réparer. »
Le combat ne peut s’arrêter tant qu’un seul prisonnier politique demeure privé de liberté.
Deuil, responsabilité et suspension de la grève de la faim
Nous adressons nos condoléances les plus sincères aux familles endeuillées.
Votre douleur est la nôtre.
Votre silence est une accusation contre l’injustice.
C’est en leur mémoire que nous avons décidé de suspendre temporairement la grève de la faim, non par renoncement, mais par responsabilité.
Cette suspension est un temps de veille et de vigilance.
Reconnaissance et gratitude collectives
Nous saisissons cette occasion pour exprimer notre profonde gratitude à toutes celles et à tous ceux qui, de près ou de loin, ont soutenu ce combat.
« La reconnaissance est la mémoire du cœur. »
Nous remercions :
le peuple togolais,
les familles des détenus,
la diaspora,
les défenseurs des droits humains,
les organisations nationales et internationales,
les médias,
les diplomates,
et toutes les voix anonymes.
Votre solidarité a sauvé des vies.
Votre engagement a brisé le silence.
Message à la Nation : vigilance et mobilisation
Chers Togolais, chères Togolaises,
Ne baissons pas la garde.
« Le silence protège l’arbitraire, la peur nourrit l’impunité. »
Certains ont retrouvé la liberté.
D’autres attendent encore.
Restons unis.
Restons mobilisés.
Restons vigilants.
Le combat demeure : pour un Togo libre, digne et juste
Le combat pour lequel nous avons été arrêtés, détenus et affaiblis demeure pleinement d’actualité.
Il s’agit de la libération du Togo.
D’un Togo fondé sur :
la justice,
la dignité humaine,
l’égalité devant la loi,
le respect des libertés fondamentales.
Ce combat est :
non violent,
moral,
collectif,
historique.
« La liberté ne se donne pas, elle se conquiert ensemble. »
Appel final
Nous appelons chaque Togolais, où qu’il se trouve :
à sortir de la peur,
à refuser l’indifférence,
à choisir la solidarité.
Que la vérité éclaire nos pas.
Que la justice cesse d’être un privilège.
Fait au nom de :
TOGO RIGHTS AND FREEDOM NETWORK – UK 🇬🇧
Pour la mémoire.
Pour la liberté.
Pour la justice.
Pour l’avenir.
📍 Londres / Lomé / Bruxelles
Le 12 janvier 2026
Contacte : [email protected]
Togo : la diaspora relaie la voix des détenus politiques libérés


