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Lettre ouverte au noble peuple togolais et à ses dignes représentants politiques

Touchant l’urgente nécessité d’une union sacrée contre la tyrannie qui opprime notre chère patrie

Très chers et honorables compatriotes, nobles députés du peuple, illustres meneurs des factions politiques,

C’est d’un cœur empli de sollicitude pour notre commune patrie et l’âme pénétrée d’une affliction profonde que je prends la plume en ce jour, afin de m’adresser à vous tous, enfants du Togo, cette terre bénie que nos aïeux nous ont léguée en héritage. Que la Providence divine guide mes mots et qu’ils puissent toucher vos cœurs comme le laboureur touche la terre fertile pour y semer les graines de la concorde et de la liberté.

Il n’est point besoin de longs discours ni de périphrases compliquées pour exposer le mal qui nous accable présentement. Depuis moult années, notre nation gémit sous le joug d’une domination qui a transformé ce qui devrait être service du bien commun en servitude du peuple. Messire Faure Gnassingbé, par ses agissements contraires aux lois divines et humaines, par son refus obstiné d’entendre les justes doléances du peuple, et par la perpétuation d’un pouvoir dynastique qui fait injure à la dignité de notre nation, s’est mué en tyran dont la présence au sommet de l’État constitue une plaie purulente sur le corps de notre République.

De la nature pernicieuse de la tyrannie qui nous afflige

Comme le disaient fort sagement les anciens : « Qui veut noyer son chien l’accuse de la rage ». Ainsi en va-t-il de ce pouvoir qui, pour justifier ses exactions et maintenir sa domination illégitime, n’a de cesse d’accuser le peuple de désordre, les opposants de sédition, et les voix libres de trahison. Mais nous savons, mes chers compatriotes, que la véritable trahison réside dans le détournement des deniers publics, dans la confiscation des libertés fondamentales, dans l’assassinat de la justice et dans le mépris affiché envers la volonté populaire.

Cette tyrannie, telle une hydre à plusieurs têtes, se manifeste en maintes façons qui toutes concourent à l’appauvrissement matériel et spirituel de notre nation. Les coffres de l’État, qui devraient servir à l’édification des écoles, des hôpitaux et des routes, sont pillés sans vergogne par une oligarchie rapace qui se repaît de la misère du peuple comme les vautours se repaissent de charognes. Les élections, ces moments sacrés où le peuple devrait exprimer librement sa volonté, sont transformées en mascarades grotesques où le résultat est connu avant même que le premier scrutin ne soit déposé dans l’urne.

La jeunesse togolaise, cette sève précieuse qui devrait irriguer l’arbre de notre nation, se voit condamnée au chômage, à l’exil ou au désespoir. Nos fils et nos filles, formés dans nos écoles et nos universités, sont contraints de chercher fortune en terres étrangères, car leur propre patrie, accaparée par une clique de prédateurs, ne leur offre point de perspectives. Quel gaspillage épouvantable de talents et d’énergies ! Quelle honte pour nous tous !

De l’impérieuse nécessité de l’union

Mes très chers frères et sœurs togolais, il est une vérité que nous devons graver en lettres d’or dans nos cœurs : « L’union fait la force ». Ce n’est point là simple formule creuse répétée par habitude, mais bien un principe fondamental de la politique et de la nature elle-même. Voyez comment les sarments, pris isolément, se brisent aisément sous la main, mais liés ensemble en fagot, défient toute force humaine. Voyez comment les fourmis, ces créatures minuscules, accomplissent des prodiges par la seule vertu de leur collaboration inébranlable.

Hélas, que constatons-nous présentement ? Les partis politiques de l’opposition, au lieu de marcher ensemble d’un même pas vers le but commun qui est la libération de notre patrie, se disputent et se querellent pour des broutilles, pour des questions d’amour-propre, pour des ambitions personnelles qui font injure à la noble cause qu’ils prétendent servir. Chacun veut être le premier, chacun se croit investi d’une mission providentielle, chacun refuse de céder un pouce de terrain à ses concurrents dans la lutte pour la liberté.

Cette division, mes chers compatriotes, est précisément ce qui fait la force du tyran. Comme le disait fort judicieusement le proverbe : « Diviser pour régner ». Le despote qui nous opprime se frotte les mains de satisfaction en voyant ses adversaires s’entre-déchirer. Il encourage sous main ces divisions, il flatte les vanités, il distribue secrètement quelques prébendes pour acheter les consciences, il sème la zizanie dans les rangs de ceux qui devraient être unis contre lui.

Appel solennel aux dirigeants des partis politiques

C’est pourquoi je m’adresse avec une gravité particulière à vous, messieurs les présidents, secrétaires généraux et autres dignitaires des formations politiques d’opposition. L’heure n’est plus aux tergiversations ni aux calculs mesquins. L’histoire vous jugera non point sur vos titres ni sur vos déclarations grandiloquentes, mais sur votre capacité à mettre de côté vos ambitions personnelles pour servir la cause supérieure de la libération nationale.

Je vous adjure, au nom de tout ce qui est sacré, au nom des martyrs qui sont tombés pour la liberté, au nom des générations futures qui nous jugeront : formez sans plus tarder un front uni, une coalition indéfectible, une alliance sacrée qui transcende vos différences et vos rivalités. Qu’importe que l’un soit de gauche et l’autre de droite, que l’un préfère telle stratégie économique et l’autre une approche différente ! Ces questions, aussi importantes soient-elles, peuvent attendre. Ce qui ne peut attendre, c’est l’urgence de mettre fin à la tyrannie.

Souvenez-vous de l’adage qui dit : « On ne fait point d’omelette sans casser des œufs ». Chacun de vous devra consentir à des sacrifices, à des concessions, à l’abandon de certaines prétentions. Mais ces sacrifices seront infiniment moindres que le sacrifice suprême que font quotidiennement nos compatriotes qui vivent dans la misère, dans la peur, dans l’absence de perspectives.

Du modèle de gouvernance éthique à instaurer

Mais il ne suffit point, mes chers compatriotes, de dire ce contre quoi nous luttons. Il nous faut également définir clairement ce pour quoi nous combattons. Car comme le proclame la sagesse populaire : « Qui ne sait où il va ne doit pas s’étonner d’arriver ailleurs ». Notre objectif ne saurait être simplement de remplacer un tyran par un autre, de substituer une oligarchie à une autre oligarchie.

Non ! Ce que nous devons ambitionner, c’est l’instauration d’une gouvernance véritablement éthique, fondée sur les principes immuables de la justice, de la probité et du service désintéressé du bien commun. Cette gouvernance devra reposer sur plusieurs piliers fondamentaux que je vais maintenant exposer.

Premièrement, il faudra rétablir la séparation réelle des pouvoirs et l’indépendance de la justice. Point de République digne de ce nom sans une magistrature libre de juger selon sa conscience et selon la loi, sans crainte ni faveur. Les juges doivent être affranchis de toute tutelle du pouvoir exécutif et pouvoir sanctionner les puissants comme les humbles lorsqu’ils violent la loi.

Deuxièmement, il conviendra de mettre en place une transparence absolue dans la gestion des deniers publics. Chaque centime prélevé sur le peuple par l’impôt devra être comptabilisé et son usage justifié devant la représentation nationale. Les marchés publics devront être attribués selon des procédures transparentes, et non plus distribués comme prébendes aux affidés du pouvoir. Car ainsi que le rappelle le proverbe : « Bien mal acquis ne profite jamais ».

Troisièmement, il faudra garantir les libertés fondamentales du peuple : liberté d’expression, liberté de la presse, liberté de réunion, liberté d’association. Un peuple bâillonné est un peuple asservi. La critique du pouvoir ne doit point être considérée comme un crime, mais comme un droit sacré du citoyen et même comme un devoir civique.

Quatrièmement, il sera nécessaire d’organiser des élections véritablement libres et transparentes, supervisées par des observateurs indépendants, tant nationaux qu’internationaux. Le suffrage universel n’a de sens que s’il est exercé dans des conditions garantissant que le résultat reflète authentiquement la volonté populaire.

Cinquièmement, il conviendra de promouvoir une politique de développement qui bénéficie au plus grand nombre et non à une minorité parasitaire. L’éducation, la santé, les infrastructures de base doivent constituer les priorités de l’action gouvernementale. Car une nation ne peut prospérer durablement si elle néglige la formation de sa jeunesse et la santé de sa population.

De la stratégie à adopter pour triompher

Mes très chers compatriotes, certains parmi vous pourraient objecter que le tyran dispose de la force armée, du contrôle de l’appareil d’État, de complicités internationales qui le protègent. Comment, dès lors, pourrions-nous espérer le renverser ? À ceux-là, je réponds que l’histoire nous enseigne que les tyrannies les plus solidement établies en apparence se sont effondrées comme châteaux de cartes lorsque le peuple, uni et déterminé, a décidé de reprendre son destin en main.

La première arme dont nous disposons, c’est la légitimité. Nul ne peut contester que le pouvoir actuel s’est perpétué par des moyens contraires aux principes démocratiques. Cette illégitimité fondamentale est une faille mortelle dans l’édifice de la tyrannie. Il nous faut sans cesse la rappeler, la dénoncer, la faire connaître tant au niveau national qu’international.

La deuxième arme, c’est la mobilisation populaire pacifique mais résolue. Les manifestations de masse, les grèves, la désobéissance civile, tous ces moyens d’action non-violents ont fait leurs preuves dans maintes circonstances similaires à travers le monde. Comme le dit le proverbe : « Goutte à goutte, l’eau creuse la pierre ». La persévérance dans l’action collective finira par éroder la résistance du tyran.

La troisième arme réside dans l’appel à la conscience de ceux-là mêmes qui servent actuellement le régime. Soldats, policiers, fonctionnaires, je m’adresse à vous : vous êtes enfants du Togo avant d’être serviteurs d’un régime. Vos fusils doivent protéger le peuple, non l’opprimer. Vos matraques ne doivent point s’abattre sur vos frères et sœurs qui réclament simplement justice et liberté. Le moment venu, vous devrez choisir : serez-vous du côté du tyran ou du côté de votre peuple ? Souvenez-vous que « qui sème le vent récolte la tempête », et que l’histoire finit toujours par rendre justice.

La quatrième arme, c’est la diplomatie et l’appel à la communauté internationale. Certes, celle-ci a souvent fait preuve de complaisance envers les despotes africains, préférant la stabilité apparente au respect des principes démocratiques. Mais les temps changent, les consciences évoluent. Il nous faut inlassablement porter notre cause devant les instances internationales, devant l’opinion publique mondiale, devant les organisations de défense des droits humains. La vérité, exposée avec constance et ténacité, finit toujours par percer les murs du mensonge.

Exhortation finale et appel à l’action

Très chers et honorés compatriotes, je conclus cette missive en vous exhortant à l’action immédiate. Le temps n’est plus aux atermoiements ni aux hésitations. Chaque jour qui passe sous le régime actuel est un jour volé à notre développement, un jour d’humiliation supplémentaire pour notre dignité nationale, un jour où de jeunes Togolais perdent espoir et s’exilent.

Aux leaders politiques, je dis : rencontrez-vous sans délai, surmontez vos ego, forgez l’alliance qui sauvera notre patrie. Que le bien commun l’emporte sur les ambitions personnelles. Souvenez-vous que « nul n’est prophète en son pays » si ce pays n’existe plus en tant que nation libre et digne.

Au peuple togolais, je dis : tenez-vous prêts à répondre à l’appel de vos dirigeants lorsqu’ils auront enfin réalisé cette union sacrée. Préparez-vous à la mobilisation, mais que celle-ci demeure toujours dans les bornes de la non-violence et de la dignité. Notre force réside dans notre nombre, dans notre détermination, dans la justesse de notre cause, point dans la brutalité qui est l’arme du tyran.

Aux jeunes Togolais, je dis particulièrement : c’est votre avenir qui se joue. Ne vous résignez point à l’exil comme seule perspective. Battez-vous pour reconquérir votre patrie, pour en faire une terre où vous pourrez vivre, prospérer et élever vos enfants dans la liberté et la dignité. Comme le proclame la sagesse ancestrale : « On a souvent besoin d’un plus petit que soi » – votre énergie, votre créativité, votre maîtrise des nouveaux moyens de communication sont indispensables à la victoire.

Aux femmes togolaises, je dis : vous qui portez sur vos épaules le poids de tant de souffrances, vous qui voyez vos enfants sans avenir, vous qui gérez la misère quotidienne imposée par l’incompétence et la rapacité du régime, levez-vous et faites entendre votre voix ! L’histoire nous enseigne que les femmes, lorsqu’elles s’engagent dans les luttes pour la liberté, y apportent une force morale et une détermination qui font trembler les tyrans.

En fin

Que le Très-Haut, dans son infinie miséricorde et sa justice immanente, bénisse notre entreprise et guide nos pas sur le chemin escarpé qui mène à la libération. Que nos ancêtres, depuis le royaume des ombres où ils résident, veillent sur nous et nous insufflent leur courage. Que les générations futures puissent dire un jour : « En cette année de grâce, nos pères et nos mères se sont levés, ont surmonté leurs divisions, et ont arraché notre patrie des griffes de la tyrannie. »

« À cœur vaillant, rien d’impossible », mes très chers compatriotes. Nous avons le droit pour nous, nous avons la justice de notre côté, nous avons la légitimité historique. Il ne nous manque que l’union de nos forces et la fermeté de notre détermination.

Debout, peuple togolais ! Debout, partis politiques ! L’heure de la rédemption nationale a sonné. Que nos différences s’effacent devant l’urgence de la tâche commune. Que nos querelles intestines cèdent la place à la fraternité dans le combat. Que nos ambitions personnelles s’inclinent devant l’impérieuse nécessité de sauver la patrie.

Le Togo libre et prospère que nous appelons de nos vœux ne tombera point du ciel comme manne providentielle. Il sera le fruit de nos sacrifices, de notre union, de notre combat résolu contre la tyrannie. Marchons donc ensemble, d’un même pas, vers cet avenir radieux que nous devons à nos enfants et à nos petits-enfants. Notons que les sarments liez ensemble font le fagot robuste, les hommes unis demeurent invincibles. « Ensemble liés, démeurons fermes ; divisez, chacun trébuche »

Que Dieu sauve le Togo et son noble peuple ! En l’union git notre force & puissance !

Je vous remercie.

Par : Ben Djagba

Salt Lake City, Utah 02/04/2026

One thought on “Lettre ouverte au noble peuple togolais et à ses dignes représentants politiques

  1. Super… L’union des partis politiques doit être effective et les populations mobilisées dans les différentes bases avant les élections législatives prochaines… Au travail.

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