Au Togo , se faire établir un certificat de nationalité est devenu un chemin de croix. Il y a un plus d’un an précisément le 12 décembre 2024, il a été procédé au lancement officiel de la plateforme digitalisée de la Direction de la Nationalité par la Première ministre Victoire Sidémého TOMEGAH-DOGBE.
Vantée comme un tournant décisif dans la modernisation des services publics avec la célérité du traitement des dossiers, la réduction des tracasseries administratives, la fin des longues files d’attente, l’enthousiasme suscité par cette plateforme a tourné au fiasco. De nombreux usagers sont confrontés aux dysfonctionnements criards en l’occurrence la mauvaise qualité de la connexion internet, rendant l’accès à la plateforme aléatoire ;des paiements via transfert mobile effectivement débités, mais sans validation de la demande ;des notifications de mise à jour de dossiers transmises plusieurs semaines, voire deux mois après la soumission, alors qu’elles devraient être quasi automatiques ;l’impossibilité d’effectuer certaines corrections en raison de l’absence du bouton « Procéder » sur l’interface ;des interruptions répétées du site en pleine procédure de demande. Des dossiers faits en ligne depuis neuf mois sont sans suite.
A cela s’ajoute les rackets à n’en point finir. Les Préfets d’Agou et de Vo haussent le ton.
Dans une note en date du 23 décembre 2025, le Secrétaire Général de la Préfecture d’Agou Kodjo Assignon rappelle que les frais réglementaires sont clairement fixés. Ils s’élèvent à quinze mille francs CFA (15.000 F CFA) pour les certificats d’origine, cinq mille francs CFA (5000F CFA) pour les demandes de nationalité et mille francs CFA (1000F CFA) par copie dans le cadre des demandes de duplicata de nationalité.
« Aucun autre montant ne doit être exigé… Toute perception supplémentaire, notamment sous prétexte d’enquête ou pour toute autre raison non prévue par les textes, constitue une irrégularité passible de sanctions. » De son côté, dans une note rendue publique le 9 février 2026, le Préfet de Vo, Jérôme Kokou Léguédé, a rappelé aussi avec fermeté les règles encadrant l’établissement des certificats d’origine, étape préalable à l’obtention du certificat de nationalité togolaise. Selon le communiqué, les demandeurs sont fréquemment orientés vers les chefs de village, chefs de canton, ainsi que vers les services de police et de gendarmerie pour des formalités dites procédurales, donnant lieu à des paiements supplémentaires à chaque étape. Des pratiques jugées contraires à l’arrêté interministériel n°08/MJ/MATDCL du 30 avril 2008, qui a institué une commission chargée de l’établissement des certificats d’origine et de l’examen des dossiers de nationalité.
Face à ces dérives, le préfet de Vo a instruit l’ensemble des autorités concernées – administratives, sécuritaires et traditionnelles – de ne plus percevoir aucun frais auprès des usagers, en dehors du montant officiel prévu par la réglementation. L’objectif affiché est de mettre un terme aux circuits informels de paiement qui alourdissent la procédure pour les citoyens et alimentent un climat de méfiance vis-à-vis de l’administration.
Le Préfet précise que des mécanismes de ristournes sont prévus au profit de toutes les parties prenantes, y compris les chefs de canton et de village, conformément aux dispositions de l’arrêté interministériel.
Un désaveu cinglant des chefs traditionnels qui perçoivent 5000 FCFCA et des services de Police et de Gendarmerie 2500 FCFA comme frais supplémentaires. Dans le Vo, il faut débourser minimum 22.500 FCFA au lieu de 15.000 FCFA réglementaires. Il reste maintenant un suivi rigoureux. Au-delà de tout, le système de délivrance du certificat de nationalité est totalement enrhumé. Plus rien ne va et les demandeurs ne savent plus à quel saint se vouer.
Source : Lecorrecteur.tg


