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Warbiga, 32 ans : reconstruire une vie après la fuite du Burkina Faso

Lorsque des groupes armés non étatiques ont attaqué son village de Modawougou, au Burkina Faso, Warbiga Damata n’a eu que quelques minutes pour rassembler ses enfants et fuir. « Ils ont tué plusieurs personnes. Nous avons fui immédiatement », raconte cette commerçante de 32 ans.

Avec ses quatre enfants, dont un benjamin de deux ans, elle entame alors un long périple vers le sud. Après avoir traversé plusieurs localités frontalières, dont Yembote, la famille finit par atteindre le nord du Togo. Épuisée mais déterminée, Warbiga trouve refuge à Sanfatoute, dans la commune de Tône 4, au cœur de la région des Savanes.

Les premiers mois sont marqués par la précarité. Accueillie temporairement par une famille du village, elle doit composer avec un manque presque total de biens de base. « Nous dormions par terre. Nous n’avions rien comme effets personnels », se souvient-elle. « Grâce à la famille qui nous a reçus, nous avons eu une marmite, un seau et une bassine. Mais on partageait tout, et c’était toujours insuffisant. »

Peu à peu, Warbiga parvient à s’intégrer. Trois de ses enfants reprennent le chemin de l’école, tandis qu’elle-même tente de reconstruire un quotidien, notamment à travers des activités de maraîchage.

Un tournant intervient en octobre 2025. Le gouvernement togolais, à travers l’Agence nationale de la protection civile (ANPC) et avec l’appui de l’UNICEF, organise une distribution de kits essentiels dans la région des Savanes. Au total, 1 190 ménages vulnérables en bénéficient, représentant 4 812 personnes, dont 3 307 enfants et 1 076 femmes.

Les kits comprennent notamment des nattes en plastique, des seaux avec couvercle, des casseroles en aluminium, des draps, des poêles, des bols et divers ustensiles de cuisine. Pour Warbiga, ces équipements marquent un changement concret dans le quotidien. « En venant ici, je n’avais rien. Aujourd’hui, grâce à ces kits, nous vivons dignement. Je peux offrir un meilleur confort à mes enfants », explique-t-elle.

Au-delà du confort matériel, l’impact se fait aussi sentir sur la santé et l’hygiène du foyer. « Les conditions d’hygiène se sont beaucoup améliorées. Je n’ai plus de difficultés pour cuisiner », dit-elle. Elle observe également une amélioration de la santé de ses enfants : « J’ai remarqué qu’ils ne souffrent plus de maux de ventre depuis que nous utilisons les kits d’hygiène. »

Dans une région marquée par l’afflux de populations déplacées, ces distributions répondent à des besoins essentiels. Selon la Coordination nationale d’assistance aux réfugiés (CNAR), la région des Savanes accueillait en 2025 plus de 59 000 personnes déplacées, dont près de 60 % d’enfants.

Aujourd’hui, Warbiga poursuit son travail dans les jardins de la localité. Pour elle, ces aides représentent bien plus qu’un simple appui matériel : une étape vers la reconstruction d’une vie plus stable pour ses enfants.

IciLome avec Unicef

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