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Au Togo, Barrot tacle Moscou et défend le bilan français en Afrique

La France n’a pas l’intention de laisser le terrain africain à la Russie sans répondre. Jean-Noël Barrot, chef de la diplomatie française en visite officielle à Lomé les 23 et 24 avril, la première du genre depuis dix ans,  a choisi le Togo pour délivrer un message sans ambiguïté : « Il n’y a aucune comparaison entre la contribution de la France et de l’Union européenne au développement du continent et celle de la Russie ».

Le timing est savoureux. Le Togo, rare allié de Paris dans une Afrique de l’Ouest où la France accumule les revers diplomatiques, se rapproche lui-même progressivement de Moscou. Faure Gnassingbé avait d’ailleurs reçu, bien avant Barrot, le ministre russe de la Défense, Andreï Belousov, en visite discrète à Lomé. Il a par ailleurs été officiellement invité au sommet Russie-Afrique prévu en octobre. Pendant ce temps, Paris organise le sommet « Africa Forward- Partenariats entre l’Afrique et la France pour l’innovation et la croissance » prévu les 11 et 12 mai 2026 à Nairobi, au Kenya.

Barrot a vanté les liens franco-africains en matière d’investissement, d’échanges commerciaux et d’accueil d’étudiants. Il a assuré qu’Emmanuel Macron et Faure Gnassingbé étaient en « contact régulier ». Il a salué le rôle médiateur du Togo dans les crises sahéliennes et congolaises. Et il a plaidé pour la levée de la suspension de RFI et France 24, toujours interdits d’antenne au Togo depuis juin 2025, estimant que c’est « dans l’intérêt de toutes les parties ».

Beau programme. Mais la question qui flotte au-dessus de cette visite reste entière : dans un Togo qui joue habilement sur tous les tableaux, Paris, Moscou, Pékin, combien de temps la France peut-elle encore se contenter d’être un partenaire parmi d’autres ?

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