Malgré l’absence de soutien officiel de l’Union africaine, Macky Sall ne renonce pas à ses ambitions internationales. L’ancien président sénégalais a confirmé le maintien de sa candidature au poste de secrétaire général de l’Organisation des Nations unies, dont le mandat actuel, occupé par António Guterres, arrive à échéance fin 2026.
À Addis-Abeba, le projet d’un soutien continental à Macky Sall a échoué. Vingt États membres s’y sont opposés, dépassant le seuil bloquant d’un tiers requis pour invalider une position commune. Une situation paradoxale, d’autant que le Sénégal lui-même figure parmi les pays ayant exprimé des réserves.
Dans l’entourage de l’ancien chef d’État, on minimise toutefois la portée de cet échec diplomatique. « La candidature reste intacte », assure Seydou Guèye, cadre de l’APR. Selon lui, une majorité relative de pays africains continue de soutenir cette initiative, estimée à plus de 60 %.
Le camp Sall invoque également des précédents internationaux, citant notamment Michelle Bachelet, qui avait poursuivi sa candidature à des fonctions internationales sans l’appui de son propre pays.
Mais au-delà des équilibres africains, un autre obstacle demeure : la règle non écrite de rotation géographique. Plusieurs États, dont le Nigeria, estiment que le prochain secrétaire général devrait provenir d’Amérique latine ou des Caraïbes.
Dans cette course encore ouverte, Macky Sall mise sur une campagne diplomatique élargie. Reste à savoir si cette stratégie suffira à compenser l’absence d’unité africaine, souvent déterminante dans les arènes multilatérales.

