Près de trois mois après un arrêt de la Cour d’appel de Lomé ordonnant leur libération, treize détenus croupissent toujours à la prison civile de Lomé. Acculés, ils ont entamé ce 10 mai 2026 une grève de la faim. Une situation que la loi nomme sans détour : une séquestration.
L’arrêt N°040/2026 de la Chambre d’Instruction de la Cour d’appel de Lomé, rendu le 18 février 2026, était sans ambiguïté. Treize personnes, parmi lesquelles Adam Latif et Allés Atti, devaient être libérées. Trois mois plus tard, elles sont toujours derrière les barreaux. Une décision de juridiction supérieure, bafouée. Un État de droit, piétiné.
Face à l’inertie des autorités, ces détenus ont choisi l’ultime recours de celui que l’on a dépouillé de tout autre moyen d’expression : la grève de la faim, entamée ce dimanche 10 mai 2026.
C’est Kao Atcholi, président de l’Association des Victimes de Torture au Togo (ASVITTO), qui a donné l’alerte. « Près de trois mois après l’arrêt N°040/2026, les 13 prisonniers sont toujours en détention arbitraire à la prison civile de Lomé », a-t-il écrit sur les réseaux sociaux, appelant les autorités à assurer « un suivi médical approprié » et invitant le chef de l’État à « les libérer conformément aux décisions de juridictions ».
Une séquestration en bonne et due forme
Ce que vivent ces treize hommes a un nom juridique précis. Maintenir en détention des personnes après une décision de libération d’une juridiction supérieure constitue une séquestration, une infraction pénale, y compris sous le droit togolais. Ce n’est plus seulement une question de droits de l’homme. C’est une violation caractérisée de la loi par ceux-là mêmes qui sont censés l’incarner.
