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Togo– Prix du carburant : « Dès que ça monte, c’est définitif », dénonce Daté Yao

Le président du CAR ne conteste pas le principe de la hausse. Il pointe une politique tarifaire à sens unique  et réclame un geste urgent sur le pétrole lampant.

Daté Yao ne dit pas non à la hausse. Il dit non à l’hypocrisie qui l’entoure. Pour le président du Comité d’Action pour le Renouveau (CAR), le vrai problème togolais est ailleurs : « Ce n’est pas la hausse en soi qui pose problème. Ce qui est regrettable au Togo, c’est qu’on n’applique pas la vérité des prix. »

Le constat est simple et implacable. Au Togo, la politique pétrolière ne connaît qu’une direction : la hausse. Quand les cours internationaux grimpent, les prix à la pompe suivent immédiatement. Quand ils chutent, rien ne bouge. « Quand les cours grimpent sur le marché mondial, on ajuste sans hésiter ; mais quand ils chutent, on tarde à faire de même, voire on ne le fait pas du tout », regrette-t-il dans une interview accordée à média de la place.

Le voisin béninois fait figure de contre-exemple. « Au Bénin, en l’espace de six mois, on peut connaître deux hausses comme deux baisses, selon les fluctuations du baril. Au Togo, dès que le prix augmente, c’est définitif. » Une asymétrie qui interroge sur la destination réelle des marges dégagées lors des périodes de baisse.

Mais c’est sur le pétrole lampant que l’opposant appuie le plus fort. Principale source d’éclairage des zones rurales togolaises privées d’électricité, son prix atteindrait désormais 1 040 francs le litre. « Si ce tarif passe à 1 040 francs le litre alors que les gens peinent à assurer leur pain quotidien, la situation devient tout simplement intenable », tranche-t-il.

Dans un pays où des millions de ruraux vivent sans électricité, le pétrole lampant n’est pas un produit ordinaire. Le taxer comme un luxe risque de peser fort sur les ménages.

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