L’Alliance Nationale pour le Changement (ANC) a annoncé, dans une lettre datée du 29 juin et signée par son président Jean-Pierre Fabre, qu’elle ne prendra pas part aux travaux de la deuxième session du Cadre Permanent de Concertation (CPC), prévus du 30 juin au 3 juillet 2026.
Répondant à l’invitation du ministre de l’Administration territoriale, de la Décentralisation et de la Chefferie coutumière, le parti justifie son absence par une critique de fond du fonctionnement du CPC. Jean-Pierre Fabre estime que ce cadre « ne fonctionne pas conformément à sa vocation proclamée de cadre de dialogue politique sincère », mais constitue plutôt « un instrument permettant essentiellement au pouvoir en place d’entériner des décisions toutes faites et arrêtées à l’avance, en donnant l’impression d’une concertation démocratique ».
Pour étayer sa position, l’ANC s’appuie sur l’arrêt rendu le 29 janvier 2026 par la Cour de Justice de la CEDEAO concernant la réforme constitutionnelle togolaise de mars 2024. Citant directement la juridiction communautaire, le président de l’ANC rapporte que la Cour a jugé que « le moment choisi et la teneur de la modification de mars 2024 indiquent que son objectif premier était de contourner les limites imposées au mandat présidentiel par la constitution précédente ». La Cour conclut, toujours selon le texte cité, que cette réforme « constitue un changement inconstitutionnel de gouvernement » au sens de la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance.
Sur cette base, l’ANC considère que l’urgence n’est pas aux « séances routinières du CPC », mais à une réponse politique et juridique à la décision de la CEDEAO. Jean-Pierre Fabre invite le gouvernement togolais à « engager un véritable processus de restauration de la légalité constitutionnelle, dans un cadre de dialogue crédible, inclusif et respectueux des décisions de justice communautaires ».
Cette annonce intervient quelques jours après celle de la Dynamique pour la Majorité du Peuple (DMP), qui avait elle aussi décliné l’invitation au CPC pour des motifs similaires, signe d’un front commun de l’opposition togolaise sur la question de la légalité constitutionnelle.
