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Togo – Ces anciens soldats ont certes le droit de soutenir le président…

Des militaires retraités peuvent soutenir un président, mais des propos assimilant ses opposants à des ennemis inquiètent pour la démocratie.

Est-il normal que des militaires retraités déclarent leur soutien au président Faure?

Par N’djo

Le Togo est un pays qui aspire à la démocratie. Et donc, en tant que citoyens, des militaires à la retraite ont éventuellement le droit d’exprimer une opinion politique et soutenir un dirigeant ou un projet qu’ils estiment bénéfique pour la nation. Leur expérience au sein des forces armées peut leur donner une perspective particulière sur les questions de stabilité, de sécurité et de gouvernance.

Mais cela n’empêche pas de se poser des questions sur l’armée lorsque d’anciens militaires éprouvent le besoin bizarre de prendre publiquement position en faveur du pouvoir en place.

Dans une démocratie, il est important que les forces armées, actives comme retraitées, préservent une neutralité institutionnelle afin d’éviter toute ingérence militaire dans le débat politique.
La déclaration récente de nos anciens militaires peut être interprétée par la population soit comme un signe de confiance mais aussi comme une tentative d’influencer l’opinion publique.

Ce type de déclaration rappelle l’importance de deux principes qui doivent coexister : la liberté d’expression des citoyens, y compris celle des militaires retraités, et la préservation d’institutions démocratiques où l’armée reste au service de la nation plutôt que du côté d’un camp politique particulier.

En précisant que «les ennemis de Faure Gnassingbé seront leurs ennemis», la déclaration des militaires prend toute une autre dimension. Elle dépasse le simple soutien politique bizarre à un président et peut être perçue comme une intimidation ou une menace, surtout qu’il émane d’anciens militaires, c’est-à-dire de personnes associées, dans l’imaginaire collectif, à la force et à l’usage de la contrainte.
Dans un système pluraliste, s’opposer à un président ou critiquer son action ne fait pas de quelqu’un un « ennemi ». L’opposition politique et le désaccord sont des choses normales.

Lorsque d’anciens militaires emploient un langage de défense personnelle du chef de l’État, cela donne l’impression que la loyauté envers un individu est placée au-dessus de la loyauté envers les institutions. C’est inquiétant. Une telle rhétorique risque de renforcer les tensions politiques en opposant des Togolais à d’autres. Au lieu de favoriser le dialogue entre citoyens ayant des opinions différentes, ces militaires tentent de les diviser.

Ces anciens soldats ont certes le droit de soutenir le président. Mais lorsque le soutien est formulé dans des termes pouvant être interprétés comme une menace ou un avertissement adressé aux opposants, cela soulève des questions légitimes sur l’effet de leurs propos sur le climat sociopolitique.

Si leur intention était d’exprimer leur fidélité ou leur soutien au président, le choix des mots a été très mal fait. Une déclaration qui laisse entendre une confrontation avec les « ennemis » du chef de l’État est incompatible avec l’esprit d’un débat apaisé, où les différends politiques devraient être réglés par les institutions, le dialogue et les urnes, et non par des rapports de force ou des menaces.

Source : sikaajournal.com

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