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Tribune | Ricardo Agouzou: Le CPC est politiquement caduc, l’opposition ne doit plus dialoguer par personne interposée

Depuis l’arrêt rendu par la Cour de justice de la CEDEAO, la plus haute juridiction communautaire de notre sous-région, la crise politique togolaise a changé de nature.

Le véritable interlocuteur est Faure Gnassingbé

En remettant en cause la conformité de la nouvelle Constitution aux engagements communautaires, cette décision ne constitue pas un simple avis politique : elle émane de l’autorité judiciaire suprême de la CEDEAO. Elle interpelle directement les autorités togolaises sur la légalité et la légitimité du nouvel ordre institutionnel.

Dans ces conditions, le débat ne peut plus être détourné vers des cadres de concertation devenus inadaptés. Le Cadre permanent de concertation (CPC) est, politiquement, devenu caduc. Il a été conçu pour faciliter le dialogue entre acteurs politiques sur des questions ordinaires de gouvernance. Or, la question aujourd’hui posée est d’une tout autre nature : elle concerne la légitimité même des institutions issues de la réforme constitutionnelle.

Une telle crise ne saurait être traitée par des représentants ou des intermédiaires. Elle appelle un dialogue direct entre les principaux protagonistes. Le véritable interlocuteur de l’opposition n’est donc ni un ministre, ni le secrétariat permanent du CPC, mais Faure Gnassingbé lui-même, en tant que principal acteur des choix institutionnels contestés.

Si les conclusions de la Cour de justice de la CEDEAO sont prises au sérieux, elles ne peuvent rester sans conséquences politiques. Une décision d’une telle portée ne devrait pas être ignorée ou contournée par l’ouverture d’un dialogue dont le cadre ne correspond plus à la réalité de la crise. Selon cette lecture, seule une réponse politique à la hauteur des enjeux , qu’il s’agisse d’une transition politique ou de toute autre solution institutionnelle conforme au droit et au dialogue, est susceptible de restaurer la confiance.

L’heure n’est plus aux mécanismes de façade ni aux discussions par personnes interposées. L’avenir du Togo exige un dialogue franc, direct et responsable entre les véritables acteurs de cette crise, dans l’intérêt supérieur de la Nation.

Ricardo Agouzou

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