Le lancement officiel de la 6e campagne nationale de distribution gratuite de moustiquaires imprégnées d’insecticide (MII) aura lieu le 12 juillet à Blitta, avant un déploiement sur le terrain à partir du 14 juillet. L’annonce a été faite ce vendredi à Lomé, lors d’une conférence de presse organisée par le ministère de la Santé, en présence des partenaires techniques et financiers.
Organisée tous les trois ans conformément aux recommandations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), la campagne se déroulera en deux phases. La première, du 14 au 18 juillet, couvrira les régions des Savanes, Centrale, Plateaux et Maritime. La seconde, du 26 au 30 juillet, concernera la région de la Kara et le Grand Lomé.
Au nom du ministre de la Santé, Jean-Marie Tessi, le Dr Wotobé Kokou Marin a rappelé l’ampleur du défi sanitaire : en 2025, le Togo a enregistré 2 247 674 cas confirmés de paludisme, soit une incidence de 259 cas pour 1000 habitants, et 939 décès liés à la maladie. « Derrière ces chiffres se cachent des réalités humaines préoccupantes », a-t-il souligné, évoquant des enfants privés d’école et des familles endeuillées par une maladie pourtant évitable. Il a précisé que 5 658 550 moustiquaires ont été mobilisées grâce à l’appui du Fonds mondial et du gouvernement américain, saluant à cette occasion l’engagement des autorités locales, des agents de santé communautaire, des chefs traditionnels et religieux ainsi que des nombreux bénévoles mobilisés pour le dénombrement des ménages.
Coordonnateur du Programme national de lutte contre le paludisme (PNLP), le Dr Atekpé Payakissim Somiabalo est revenu sur un changement de méthode : la distribution ne se fera plus de porte-à-porte, mais sur des sites fixes. « Nous souhaitons renforcer notre sensibilisation de la population sur la bonne façon d’utiliser les moustiquaires », a-t-il expliqué, précisant que des agents de communication feront des démonstrations d’utilisation et d’entretien sur place. Il a également indiqué qu’une phase pilote menée en amont dans un district test avait permis d’ajuster l’outil digital de suivi, notamment sur le scannage des moustiquaires, rendu finalement non obligatoire, et de renforcer la communication sur les lieux de collecte.
Le responsable du PNLP a précisé que les moustiquaires distribuées sont de dernière génération, traitées avec un insecticide n’ayant pas encore montré de résistance chez les moustiques.
La conférence de presse s’est tenue en présence du Dr Kiswendsida Romain Hilaire Ouédraogo, représentant résident de l’OMS au Togo, dans un pays qui a par ailleurs introduit l’an dernier le vaccin antipaludique, en complément des moustiquaires et de la prise en charge gratuite des enfants de moins de 5 ans.
