Face à la menace djihadiste qui s’étend depuis plusieurs années à ses frontières nord, le Togo a mis en place, discrètement, un dispositif sécuritaire reposant sur plusieurs partenariats extérieurs. Lomé a d’abord noué des liens avec la Turquie, sollicitée pour un appui aérien et une assistance militaire. Depuis 2025, le pays a également fait appel à la Russie, dont les forces de l’Africa Corps ont été aperçues sur le terrain.
Si les autorités togolaises démentent officiellement la présence de combattants turcs (Wagner-turc) sur le sol national, une source proche des services israéliens affirme le contraire : « les Turcs ont pris la place des Israéliens en 2022-2023, notamment pour la formation des soldats », rapporte Jeune Afrique.
Le rapprochement avec Moscou, lui, s’est concrétisé plus récemment. Il fait suite à la signature, le 25 octobre 2025, d’un nouvel accord bilatéral de coopération en matière de défense entre le Togo et la Russie, dont le volet sécuritaire a commencé à se matérialiser au premier trimestre 2026.
Cette diversification des partenariats sécuritaires togolais intervient dans un contexte régional tendu, marqué notamment par l’intensification des combats au Mali, où les Forces armées maliennes, épaulées par l’Africa Corps, viennent de reprendre le contrôle de la ville d’Anéfis après une offensive du Front de libération de l’Azawad et du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (Jnim).
Pour le Togo, qui partage une frontière avec le Burkina Faso, épicentre de l’expansion djihadiste au Sahel, ces alliances multiples (turque, puis russe) traduisent une volonté de sécuriser le nord du pays sans dépendre d’un seul partenaire extérieur, dans un environnement régional où plusieurs puissances étrangères se disputent une influence militaire croissante en Afrique de l’Ouest.

