«Le gars, il est incapable en 21 ans de construire une seule nationale 2×2 voies de Lomé à Dapaong, incapable de reconstruire le grand marché de Lomé en 10 ans, de renover le lycée du 2 Février en 3 ans. Au Togo, on est même venu demander aux parents d´élèves 3000 Fcfa pour construire une cage à poules pour abriter un lycée. Il est incapable de fournir de l´électricité 24h/24 à une agglomération comme Lomé et sa banlieue, et le voilà dans le nucléaire civil. Ça devient vraiment ridicule. Ce type est totalement déconnecté de la réalité. Il court partout pour exister médiatiquement puisque dans son propre pays il est le plus indésirable et le plus méprisé.»François Xavier Assogbavi
Quand on observe de près, on se rend compte que la plupart des chefs d´état dans la sous-région ouest-africaine, sont à la tête de pays dont la situation politique n´est pas aussi désastreuse et désespérée comme celle de notre pays, le Togo. On peut même citer des pays comme le Ghana, le Bénin, le Sénégal ou encore le Nigeria, où l´alternance pacifique régulière au sommet de leurs états est une réalité. Les premiers responsables de ces pays-là sont normalement ceux qui devraient s´agiter en s´adonnant à des missions à l´extérieur, parce qu´au moins, sur le plan intérieur, ils n´auraient pas grand´chose à se reprocher, politiquement parlant. Mais eux ne le font pas, ou du moins, pas dans cette proportion qui pourrait donner l´impression qu´ils négligent leurs devoirs de maison pour le bien de leurs concitoyens. Notre «prince-héritier» national, Faure Gnassingbé, qui a aujourd´hui le droit de vie et de mort sur ses concitoyens, est la seule coquille vide d´entre les premiers responsables politiques de l´Afrique de l´ouest, pour ne pas aller plus loin. Il est celui dont les grands problèmes politiques du pays, dont la responsabilité incombe à sa gouvernance, sont tels qu´il serait aujourd´hui hasardeux d´envisager voir le bout du tunnel. Mais il est curieusement en même temps celui qui s´agite le plus comme s´il avait fini de régler tous les problèmes au Togo, alors qu´il est le problème. Qu´est-ce qui fait donc courir Faure Gnassingbé? Qu´est-ce qui le pousse à négliger les devoirs qui incombent à un premier responsable d´un pays, en feignant de donner à l´étranger l´image de médiateur, d´homme de la paix et d´amoureux de l´Afrique, alors qu´il n´en a aucunement l´étoffe?
Tout observateur intelligent et connaisseur de la situation politique togolaise, serait d´accord avec nous pour dire que Faure Gnassingbé ne fait que faire de la diversion pour essayer de faire oublier son incompétence, et surtout son involonté, pour faire face aux vrais défis qui se présentent à lui sur le plan national. En dehors de la jouissance maladive du pouvoir politique auquel il a accédé dans la violence en 2005, et auquel il s´accroche vaille que vaille, toujours dans la violence, sans légitimité populaire, tous ses réguliers déplacements à l´étranger ne servent qu´un activisme qui n´a et n´aura aucune retombée positive pour le pays. Pour développer sincèrement un pays, on a besoin de créer d´abord les conditions idéales qui permettraient des investissements. Et parmi ces conditions sine qua non dont a besoin tout régime politique sérieux, il y a tout d´abord la stabilité politique, une saine gestion des finances, une justice indépendante, à même de garantir la sécurité et la liberté des citoyens et de tout investisseur étranger.
Et si Faure Gnassingbé était sincère et sérieux avec lui-même, il saurait qu´aucune de ces conditions citées plus haut, n´existe aujourd´hui au Togo; bien au contraire. Le caractère dictatorial de la gouvernance politique qu´il incarne, avec toutes les violations des droits humains, la corruption endémique, encouragée par une totale impunité et une justice aux ordres, devenue l´instrument du pouvoir pour persécuter les opposants politiques. On voit donc clairement que sans l´assainissement du paysage politique togolais qui passe nécessairement par le départ de Faure Gnassingé du pouvoir, aucune gymnastique, aussi médiatisée soit-elle, ne peut résoudre, comme par un coup de baguette magique, les grands problèmes politiques de notre pays. C´est pourquoi, dans le cas de Faure Gnassingbé, chercher aujourd´hui à être au centre du monde, en faisant semblant d´avoir résolu tous les problèmes de son pays, ou d´être un modèle en bonne gouvernance politique, alors qu´il est le principal obstacle à l´envol démocratique au Togo, est tout simplement irresponsable et méchant vis-à-vis de son peuple. Des dirigeants sérieux, soucieux de trouver une solution à la grande crise politique dans leur pays, dont ils sont responsables, ne cherchent pas des faux-fuyants comme la correction de la dimension du continent africain sur la carte du monde, et dont on fête le vote à l´ONU comme une victoire. Les Togolais n´en ont absolument pas besoin, ils ont aujourd´hui d´autres priorités qui, normalement, ne devraient pas échapper à Faure Gnassingbé, dont on se pose moult questions sur les retombées des incessants voyages.
Hier c´était le Kirghizistan, un pays dont personne ne soupçonnait l´intérêt particulier pour un état africain, encore moins pour le Togo. Aujourd´hui c´est Londres pour participer au World Nuclear Symposium dont Lomé accueillera la prochaine édition du NEISA, du 1er au 3 juin 2027. «Pour le président du Conseil togolais, le développement du nucléaire civil représente une nécessité, tant pour le Togo que pour l’ensemble du continent.» Le site officiel du gouvernement togolais, «Republic of Togo» décrit ainsi les ambitions de Faure Gnassingbé pour le nucléaire civil. Est-ce vraiment réaliste de sa part, pendant que beaucoup de projets «élémentaires» sont à l´abandon au Togo, par mauvaise volonté politique, incompétence et corruption? Et cette propension à toujours vouloir accueillir des sommets et parler au nom de l´Afrique, alors qu´il est très loin d´être un modèle, participe de cette fuite en avant qui fait malheureusement désormais partie de son programme de gouvernement, pour justement ne pas devoir gouverner et résoudre les vrais problèmes du pays dont il est la cause.
Pauvres Togolais!
Samari Tchadjobo
Allemagne

