Le compte à rebours est lancé. Au terme de la commémoration du 5 octobre 1990, organisée ce dimanche au siège de la CDPA à Lomé, les groupements porteurs du manifeste « Génération Togo » ont annoncé un « grand événement » le 20 novembre 2026. Un rendez-vous présenté comme un « dernier avertissement » au pouvoir en place.
Porte-parole du Front « Touche Pas A Ma Constitution », Nathaniel Olympio en a fixé la tonalité. Le régime, rappelle-t-il, « va avoir 60 ans dans quelques mois ». La question posée aux Togolais est directe : « Est-ce que vous êtes prêt à accepter que ce régime continue de nous diriger après 60 ans ? » La réponse, assure-t-il, est « non », d’où la nécessité de « s’organiser ».
Sur la nature exacte de la mobilisation, le flou est entretenu. « Soyez patients, on va vous l’annoncer », a-t-il simplement répondu, promettant de dévoiler « comment ça se passera, où ça se passera et avec qui ça se passera ». Seule indication : il s’agira d’un meeting ou d’une manifestation, dont les contours seront précisés dans les semaines à venir.
Pour justifier cette démarche, Nathaniel Olympio puise dans l’histoire. Le 5 octobre 1990, un étudiant avait entonné l’hymne national, alors interdit, en plein procès, aussitôt suivi par toute la salle. « Ils ont transcendé la peur et ils ont bravé l’interdit », analyse-t-il. Sa conviction : « Une fois ensemble, la peur s’écarte et le courage prend le dessus. »
Il invite aussi à ne pas sous-estimer l’imprévisible. L’étincelle de 1990 fut une chanson ; celle de la Tunisie, en 2011, un vendeur de légumes excédé par la corruption. « Personne ne sait ce qui peut déclencher la colère d’un peuple », prévient-il.
Cet appel à l’unité rejoint le ton de la cérémonie. Brigitte Adjamagbo-Johnson, secrétaire générale de la CDPA, avait elle-même défendu une lutte conduite « par des moyens pacifiques, démocratiques et institutionnels », dénonçant le changement constitutionnel de 2024 comme un « coup de force ».
Reste à savoir ce que recouvrira ce « dernier avertissement ». Les organisateurs disposent de six semaines pour transformer l’élan mémoriel du 5 octobre en mobilisation concrète.

