À la veille d’une journée de manifestations lycéennes organisées dans tout le pays le 06 octobre, Amnesty International a appelé les autorités françaises à apaiser les tensions et à garantir le droit de réunion pacifique des élèves.
Dans un communiqué publié le 5 octobre, l’organisation de défense des droits humains a sommé le gouvernement de mettre fin à ce qu’elle qualifie de réponse policière « disproportionnée ». « Des mineurs et des jeunes s’apprêtent à descendre dans les rues partout en France. Les autorités doivent assurer leur sécurité, et protéger et faciliter l’exercice de leur droit de manifester pacifiquement », a déclaré Anne Savinel-Barras, présidente d’Amnesty International France.
L’ONG rappelle que toute intervention de maintien de l’ordre doit être légale, nécessaire et proportionnée. Elle s’appuie sur les images et témoignages largement diffusés ces derniers jours, qui font état d’un usage de gaz lacrymogènes, de matraques et de balles en caoutchouc. Amnesty dénonce notamment des tirs « imprudents » de grenades lacrymogènes et des projectiles qui ont provoqué des blessures graves.
Depuis le 21 septembre, des lycéennes et lycéens se mobilisent pour défendre leur droit à l’éducation. Leurs revendications portent sur l’augmentation du nombre d’enseignants, la réduction des effectifs par classe et l’amélioration de l’état des établissements scolaires. Selon le ministère de l’Intérieur, plus de 5 000 manifestants ont déjà été interpellés, dont 85 % de mineurs.
« Les jeunes revendiquent pacifiquement leur droit à l’éducation. Ils doivent être protégés, et non frappés, exposés aux gaz lacrymogènes ou placés en détention arbitraire », insiste Amnesty, qui presse les autorités de privilégier l’apaisement.
Le 27 octobre, le Sénat doit examiner un projet de loi prévoyant de rendre financièrement responsables, jusqu’à 10 000 euros, les participants à un rassemblement ayant entraîné des dégâts matériels, même en l’absence de preuves de leur implication personnelle.

