Dans la cour du CEG Avéta, élèves, parents et autorités traditionnelles se pressent autour du préfet de Zio. Ce mardi 6 octobre, la visite du directeur de l’Agence française de développement (AFD) au Togo, Benjamin Neumann, donne un visage concret au bilan du Programme d’appui à la réforme des collèges (PAREC), dont la deuxième phase, déployée de 2020 à 2025, est désormais achevée.
Un collège transformé
Le CEG Avéta, qui accueille 1 170 élèves, a bénéficié de la construction de deux blocs pédagogiques, d’un bloc administratif et de quatre blocs sanitaires. Des bancs, des manuels, des kits scolaires et des guides à l’intention des chefs d’établissement complètent le dispositif. Une coursive relie les bâtiments pour permettre de circuler à pied sec en période d’inondations.
Pour la directrice, Bilèyo Abla Dongo, ces infrastructures ouvrent « un nouveau départ ». Affectée à Avéta en septembre 2024, elle est la première cheffe d’établissement à exercer dans ces nouveaux bâtiments. Elle décrit l’état antérieur : des constructions en terre battue, où élèves et enseignants se salissaient dès leur arrivée. Elle note une progression des résultats, y compris en 6e, 5e et 4e.




Le succès a toutefois son revers. L’affluence des demandes d’inscription dépasse les capacités d’accueil : les élèves s’assoient à trois par banc et l’école fonctionne en double flux. Mme Dongo plaide pour la poursuite des efforts en matière de mobilier, de matériels pédagogiques et d’équipements.
Une réforme de long terme
Pour M. Neumann, Avéta illustre la logique d’ensemble du programme : « Le PAREC financé en dons par l’AFD et porté par les autorités togolaises s’inscrit dans une réforme de long terme du collège, en agissant à la fois sur les infrastructures, la qualité des apprentissages et les conditions de scolarisation des élèves. » Il ajoute : « Ces réalisations montrent concrètement que l’investissement dans l’éducation se traduit par des améliorations dans le quotidien des élèves et des équipes éducatives. Il s’agit de créer des conditions plus favorables à l’apprentissage et à la réussite de tous. »





Depuis 2014, les deux phases du PAREC accompagnent la réforme du premier cycle de l’enseignement secondaire togolais, avec trois objectifs : étendre les capacités d’accueil des collèges, améliorer la qualité de l’enseignement et renforcer l’équité entre filles et garçons, particulièrement en milieu rural.
Le bilan chiffré
Après une première phase de 2014 à 2018, le PAREC II a accompagné 176 collèges publics dans cinq régions éducatives. Il a permis de construire 384 salles de classe équipées, ainsi que des blocs administratifs, des latrines, des forages et des installations solaires, au bénéfice de plus de 45 000 élèves.
Plus de 8 800 enseignants ont été formés, et les 176 COGERES comme les 104 secteurs pédagogiques ont été renforcés. Une attention particulière est accordée à la scolarisation et au maintien des filles au collège. L’AFD a engagé 23 millions d’euros de subvention pour les deux phases.
Après le PAREC
M. Neumann a rappelé que 60 % des Togolais ont moins de 25 ans, ce qui fait de l’éducation un enjeu central. Selon lui, un nouveau projet doit démarrer début 2027.

