C’est précisément au regard de ce passif accablant, de cette succession d’espérances déçues et de promesses trahies, qu’il convient de reconsidérer fondamentalement la nature même du dialogue que l’on prétend instaurer avec le pouvoir en place. Si d’aventure des assises nationales devaient être organisées de nouveau, il serait impératif que les discussions ne portent plus sur de vaines réformes cosmétiques ou sur des aménagements institutionnels illusoires, mais bien sur les modalités concrètes et irréversibles du départ pur et simple de Faure Gnassingbé. Cette position, loin d’être le fruit d’un radicalisme irréfléchi, procède d’une lucidité historique et d’un impératif moral : l’on ne négocie point avec un dictateur.