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Thursday, September 23, 2021
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Patrice Talon Fustige Les Dirigeants Qui Se Prennent Pour Le Bon Dieu. Le Message Est-Il Arrivé Jusqu’au Pouvoir Togolais?

«…le virus du 3e mandat en Afrique, nouvelle forme de coup d’état, a atteint l’Afrique de l’ouest et bouscule la vie dans nos nations…» Professeur David Dosseh

Pour une fois, les sociétés civiles de l’espace CEDEAO, en dehors des communiqués creux, des déclarations et des condamnations très prudentes, trop prudentes des abus de nos pouvoirs autoritaires, ont fait œuvre utile en initiant un tel sommet, le deuxième du genre, regroupant au moins dix pays membres de l’organisation sous-régionale. Le seul fait que les sociétés civiles des pays d’Afrique de l’ouest aient pu se mettre ensemble pour être d’accord sur un sujet aussi sensible que l’alternance au pouvoir dans la sous-région est déjà une victoire en soi.

Qui a déjà oublié que les conférences nationales pour mettre fin aux systèmes de partis uniques, qui eurent lieu çà et là en Afrique au début des années ’90, avaient pris leur départ au Bénin? Qui ne se rappelle plus que c’était grâce à la volonté d’un homme, feu Mathieu Kérékou, que la démocratie béninoise est ce qu’elle est aujourd’hui? Ironie ou hasard de l’histoire, c’est à Cotonou, donc au Bénin que la remise symbolique du témoin de l’alternance à un chef d’état vient d’avoir lieu. Et le hasard a voulu que ce soit Patrice Talon qui soit l’actuel président de nos voisins de l’est. Un président béninois à la fois sympathique et parfois incompris quant à ses réelles intentions vis-à-vis de l’alternance et de la démocratie tout court. Avant d’être élu président du Bénin pour la première fois en avril 2016 Patrice Guillaume Athanase Talon avait promis qu’il ne ferait qu’un mandat, avant de revenir sur sa décision en briguant pour une nouvelle période de cinq ans.

Ce va et vient, l’épisode Réckya Madougou, accusée « d’être d’intelligence avec des puissances étrangères pour déstabiliser le Bénin, » et arrêtée à la veille des dernières élections présidentielles gagnées par Talon; tout cet imbroglio a jeté un doute sur les intentions démocratiques du président béninois, et certains observateurs n’avaient pas hésité à parler de dérive autoritaire de celui qui ne jurait que sur un seul mandat. Aujourd’hui ce sommet des sociétés civiles de l’espace CEDEAO pour la bonne gouvernance, l’alternance et la démocratie semble avoir donné l’occasion au président béninois de redorer son blason et de corriger le tir. Patrice Talon va plus loin en surprenant même ses détracteurs. Il s’engage à quitter le pouvoir à la fin de ce deuxième mandat à peine entamé. «…Je voudrais vous exhorter dans la promotion de cet idéal de ne pas trop citer le président Talon…Je mesure la portée du symbole. Et devant vous, combien je vais m’engager et vous prendre à témoin pour passer ce relais le troisième dimanche du mois de mai 2026 à celui qui aura la confiance du peuple béninois.» Cette déclaration du président Talon qui, sous d’autres cieux habitués à l’alternance au sommet de l’état, serait superflue, trouve tout son sens dans une Afrique et surtout dans une sous-région ouest-africaine truffée de dirigeants qui ne respectent pas leurs peuples, qui disent une chose aujourd’hui et font son contraire le lendemain, et pour qui les constitutions votées par les populations ne sont que des bouts de papier dont ils peuvent changer le contenu selon leurs intérêts.

Patrice Talon est connu pour être ce chef d’état qui n’aime pas tellement porter des gants d’hypocrisie, dits diplomatiques, pour dire ce qu’il pense. Quand il dénonçait, il y a quelques mois, l’opposante Réckya Madougou d’être à la solde de pays voisins, «Elle débarque avec des valises d’argent, des sponsors de chefs d’Etat des pays voisins,…» en sachant pertinemment qu’elle officiait à la présidence togolaise comme conseillère, il savait qu’il accusait les autorités togolaises. Au dernier sommet des sociétés civiles de l’espace CEDEAO pour la bonne gouvernance, l’alternance et la démocratie, tenu à Cotonou du 08 au 10 juillet 2021 le président béninois n’était pas passé par quatre chemins pour dire ce qu’il pense des dirigeants qui maltraitent leurs peuples, ne veulent pas quitter le pouvoir et se prennent pour le bon dieu. En lâchant une telle phrase, Talon sait très bien que le contenu correspond bien à la situation politique de beaucoup de pays de la sous-région, et surtout à celle d’un pays très voisin situé à l’ouest. «…vous comprenez donc quelle est ma fierté, combien je suis honoré de défendre sur la terre béninoise cette vertu qu’on attend des gouvernants de ne pas se prendre pour dieu tout puissant l’éternel…»

Ce pavé dans la marre, ce coup de massue dans la fourmilière de la part du président béninois dans un environnement fait de crimes, de mensonges et d’hypocrisie mérite d’être encouragé, et doit être la marque des dirigeants africains de demain. Là où d’autres voient le mal et se taisent par intérêt personnel, par lâcheté ou par hypocrisie, en adoptant même une solidarité dans le crime, Patrice Talon dit ce qu’il pense. Comme nous le disions plus haut, après les conférences nationales pour lesquelles le Bénin donna le bon exemple au début des années ’90, le chef de l’état béninois a la lourde responsabilité de faire de son pays, 31 ans après les assises nationales à travers le continent noir, le précurseur du respect des limitations de mandats dans la sous-région ouest- africaine, et partant en Afrique. En quittant le pouvoir à la fin de son deuxième mandat en mai 2026, comme il l’a solennellement promis, Patrice Talon aura montré la voie.

Il est normal qu’en notre qualité de citoyen togolais, nous pensions immédiatement à notre pays quand nous entendons parler d’alternance au sommet de l’état. Le problème du Togo est le refus de ceux qui ont pris en otage notre pays et refusent de partir; et se maintiennent par la terreur militaire. Nous ne nous faisons pas d’illusion que ce témoin symbolique de l’alternance remis par notre compatriote Professeur David Dosseh au président béninois à Cotonou mette fin à toutes les dérives en périodes électorales chez nous. Dans l’un de nos derniers articles nous proposions à la société civile togolaise de prendre son bâton de pélerin pour recomposer la vraie opposition autour d’un idéal commun qui consistera à faire partir ce régime d’un autre âge qui a montré ses limites. Seules notre détermination, notre intelligente organisation et notre union donneront un sens au témoin de l’alternance célébré à Cotonou.

Samari Tchadjobo
Allemagne

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