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Monday, August 8, 2022
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Togo-Le FCTD peint un tableau sombre du système judiciaire togolais

En conférence de presse mercredi à Lomé, les responsables du Front Citoyen Togo Debout (FCTD) ont réagi par rapport à la situation sociopolitique actuelle du pays. Ils ont décrié le système judiciaire togolais, aujourd’hui devenu un véritable cancer pour les libertés individuelles et collectives. Lisez plutôt!

DÉCLARATION

Lorsque la justice d’un pays devient un facteur d’insécurité, la cohésion nationale et le vivre ensemble harmonieux se transforment en vaine illusion, et la Nation « économiquement exsangue et socialement délabrée » héritée de décennies de dictature et de mauvaise gouvernance ne peut plus être restaurée.

Le 26 août 2021, le Président de la Cour Suprême a pris la parole publiquement pour dénoncer l’état de la justice togolaise, fustigeant le fait que « l’effroi, le doute, le discrédit soient les trois éléments qui dépeignent la justice actuellement au Togo ».

En effet, lorsqu’un pays assassine ses propres enfants, Anselme Sinandaré, Douti Sinalengue, Rachad Agrignan-Maman, Joseph Zoumekey, Moufidou Idrissou, Nawa Ino Tchakondo dans le silence et l’apathie de la justice, comment peut-on construire une nation unie, réconciliée avec elle-même et tournée vers son développement ?  

Lorsqu’Agbandi-Kpessou, dit Mohamed, est lâchement abattu par un élément des forces de l’ordre le 21 mai 2020 (encore un assassinat perpétré par ceux qui ont fait le serment de protéger les populations), devant sa fille Yayra, devenue orpheline et obligée de s’en remettre désormais à la bonté d’âme des uns et des autres pour se nourrir, se soigner ou payer ses frais de scolarité, comment dans ces conditions peut-on construire une nation unie, réconciliée avec elle-même et tournée vers son développement ?

Quand les libertés individuelles sont menacées par un système de justice inique : Prince Fadel embastillé pour avoir chanté trop juste contre l’autoritarisme du pouvoir, Leyla cette maman de 39 ans arrachée à sa famille et à son bébé, embastillée sans raison valable, comment peut-on construire une nation unie, réconciliée avec elle-même et tournée vers son développement ? Quand les libertés collectives sont menacées par un système de justice qui traquent les « soi-disant coupables de délits d’opinion » et qui détient des dizaines de prisonniers politiques, quand l’autorité publique entrave le droit à la liberté de réunion et de manifestation publique pacifique (Article 30 de la Constitution), comment peut-on construire une nation unie, réconciliée avec elle-même et tournée vers son développement ?

Au contraire, chaque fois que le soleil se couche, amertume, rancœur et frustration s’accumulent davantage dans le cœur de chaque Togolais et la nation est encore plus « socialement délabrée ».

Dans un pays, lorsque les crimes se succèdent impunément et semblent entacher les plus hautes sphères (crimes de sang, infanticides, crimes économiques, abus d’autorité) et que la justice brille par son silence et son aveuglement, ne soyons pas étonnés que plus personne ne croit en l’exemplarité des gens au pouvoir et en la construction d’une nation unie, réconciliée et tournée vers son développement.

On comprend dès lors que notre pays soit classé, en 2020, par le Wold Justice Project, parmi les 30 pays les plus réfractaires à l’Etat de droit dans le monde. Il est encore temps pour le Togo de se ressaisir.

Chers concitoyens, comprenez que face à cette décrépitude générale, le FCTD a voulu réunir les Togolais à travers un meeting de sensibilisation et interroger la nation sur son devenir.

Pourtant la Préfecture du Golfe s’obstine à aller contre le cours de l’Histoire en opposant systématiquement un refus. Concernant l’argument de l’état d’urgence sanitaire brandi à chaque fois par le Préfet, le FCTD rappelle que l’état d’urgence sanitaire est une disposition juridique exceptionnelle. Il se justifie lorsque les conditions sanitaires sont particulièrement difficiles comme ce que nous avons connu au Togo entre les mois de juillet, août et septembre 2021 où nous avions quotidiennement plus de 200 cas confirmés de COVID-19.

Mais du moment où nous sommes retombés à des niveaux très bas en termes de contaminations, vouloir systématiquement opposer l’état d’urgence sanitaire à une activité garantie par la Constitution signifie clairement qu’au Togo, la pandémie de la COVID 19 est devenue le prétexte pour empêcher toute manifestation publique pacifique, et ce jusqu’au mois de septembre 2022 au moins.

Aujourd’hui, il y a trois ans jour pour jour, une main criminelle a assassiné Moufidou Idrissou et Nawa Ino Tchakondo à Togblékopé (c’était le 8 décembre 2018). Les corps de ces deux enfants sont toujours à la morgue. La mère de Nawa a suivi son fils dans l’au-delà quelques semaines après, incapable de lui survivre et de supporter le chagrin de sa mort. Les familles attendent que la justice aille au terme de son enquête et qu’elle identifie le ou les coupables.

Les familles attendent de pouvoir récupérer les corps afin de procéder à l’inhumation pour le repos des âmes des défunts. Quand le FCTD réclame justice et souhaite parler de la question de l’insécurité judiciaire, c’est pour dénoncer cette indifférence judiciaire à l’encontre de Moufidou Idrissou, Nawa Tchakondo et leurs familles. Nous nous inclinons devant leur mémoire et demandons à la nation toute entière de ne pas les oublier, ni eux, ni toutes les victimes innocentes qui ont parsemé la route de la liberté.

L’Histoire et la nation retiendront que le Préfet s’est érigé en rempart pour empêcher les citoyens d’en débattre. L’Assemblée Nationale aussi vote des lois qui entravent les libertés et est incapable pourtant de se saisir des situations d’injustice qui découlent de l’application bonne ou mauvaise de ces mêmes lois. Le Togo est en situation d’urgence sanitaire depuis des décennies, car l’Etat a montré son incapacité de régler les problèmes de santé.

Nous ne reviendrons pas ici sur les innombrables défaillances du système de santé. Et brusquement par on ne sait quelle alchimie, on tente de nous faire croire que le gouvernement se préoccupe tellement de la santé des Togolais qu’il a acheté pour 20 M de vaccins contre la COVID-19, qu’il a institué un pass vaccinal particulièrement outrancier et qu’il nous protège du virus en interdisant les meetings. Chers concitoyens, les années passent et les cœurs sont toujours meurtris. Mais, mathématiquement, chaque jour qui passe rapproche les Togolais du jour du bonheur…

Gardons foi en l’avenir. Chaque soir, soyons convaincus que nous avons encore franchi un pas. Soyons forts, courageux et décidés à lutter pour briser les chaines de l’injustice pour que l’Etat de droit et la démocratie adviennent dans notre pays.

Fait à Lomé le 8 décembre 2021

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