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Thursday, September 29, 2022
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Togo-Bons offices pour la paix entre le Mali et la Côte d’Ivoire: Faure Gnassingbé ou l’art de balayer chez les autres…

Il s’est découvert des talents de médiateur et prend à cœur sa nouvelle mission de règlement des tensions entre Bamako et Abidjan, dans le cadre de l’affaire des 49 militaires ivoiriens accusés de mercenariat au Mali. Faure Gnassingbé est tout appliqué au chevet des autres afin de relever ce défi personnel qui s’annonce déjà difficile, au regard de l’intangibilité des positions et de l’échec des premières tentatives de conciliation à Lomé. Si seulement il faisait preuve d’autant de sollicitude et se mettait au service de la paix sociopolitique dans son propre pays !

Son nouveau rôle lui tient tellement à cœur qu’il est capable de tout sacrifier pour s’y employer. Faure Gnassingbé ne se donne aucun répit dans sa nouvelle mission. Après être sollicité par la junte militaire dirigée par le Col Asssimi Goïta, il s’est jeté à l’eau. Après quelques démarches préliminaires de son « Monsieur diplomatie » Robert Dussey, le nouveau médiateur (sic) a organisé la semaine passée un premier round d’échanges entre le Mali et la Côte d’Ivoire. Mais la montagne a accouché d’une souris.

Les indiscrétions font état de ce que Bamako a fixé pour préalable à la libération des pseudos-mercenaires ivoiriens, la présentation d’excuses publiques par Abidjan. Niet, aurait rétorqué la délégation ivoirienne. Connaissant la personnalité d’Alassane Ouattara, cela ne risque pas d’arriver, en tout cas de si tôt. On tend vers un bras de fer continu et un statu quo. Les observateurs avisés redoutent même une exacerbation des tensions et des représailles du pouvoir d’Abidjan : représailles sur le plan énergétique – le Mali est dépendant de l’électricité ivoirienne pour environ 1/3 de ses besoins -, mais aussi sur la diaspora malienne en Côte d’Ivoire – environ 4 millions d’âmes.

En attendant l’évolution des positions de part et d’autre, les deux parties peuvent au moins compter sur la détermination du médiateur. Faure Gnassingbé devrait revenir à la charge avec d’autres rencontres entre les délégations des deux pays. Il s’est fait un point d’honneur à réussir cette mission. La médiation est son nouveau filon depuis un moment pour se mettre en valeur, attirer la sympathie de la communauté internationale et en tirer des dividendes politiques pour ses desseins personnels pour le pouvoir au Togo.

Problématique des détenus politiques

La paix entre le Mali et la Côte d’Ivoire au nom de laquelle le « Prince » se bat corps et âme-, elle est aussi menacée au Togo. C’est d’ailleurs un simple euphémisme car le Togo a toujours été un théâtre de tensions permanentes. Le pays n’a jamais véritablement connu la quiétude, que ce soit sous le père ou avec le fils depuis 2005.

Actuellement, même si ce n’est pas la grande coulée d’adrénaline d’antan entrainée par les manifestations populaires et les salves verbales sur les médias, bref rien ne se passe, ce n’est pas pour autant la paix. Le calme est juste trompeur. Des sujets de crispations existent à foison, comme la question des détenus politiques. Et Dieu sait qu’ils sont encore nombreux. A commencer par le plus célèbre du Togo, Kpatcha Gnassingbé. Arrêté le 12 avril 2009 et accusé d’atteinte à la sureté de l’Etat, jugé et condamné à vingt (20) ans de réclusion criminelle, l’ancien député de la Kozah et ministre de la Défense et des Anciens combattants est détenu à la prison civile de Lomé depuis treize (13) ans. Il ne devrait humeur l’air de liberté qu’au terme de sa peine, en 2029.  A moins d’une grâce présidentielle qui n’est pas près d’arriver, tant de nombreuses requête dans ce sens ont échoué à cause de l’insensibilité du « Jeune Doyen ».

Djimon Oré est aussi en prison depuis le 29 avril 2021. Arrêté pour ses propos tenus dans le cadre d’un exercice de bilan sur les 61 ans d’indépendance du Togo, l’ancien ministre de la Communication a été jugé le 20 mai, reconnu coupable d’ « outrages aux représentants de l’autorité publique et diffusion de fausses nouvelles » et condamné à deux (02) ans de prison ferme. Entre-temps jugé en appel, sa peine a été confirmée et le Président du Front des patriotes pour la démocratie (FPD) passe  ses jours en prison. Il y est avec Jean-Paul Oumolou, appréhendé depuis le 4 novembre 2021, là aussi pour des accusations politiciennes. L’activiste de l’opposition, de la Dynamique Monseigneur Kpodzro (DMK) notamment est accusé d’appel à l’insurrection de l’armée, de diffusion de fausses nouvelles, d’apologie du crime et d’outrage à l’autorité publique. En février dernier, sa demande de libération a été rejetée.

Outre ces personnalités bien connues, ils sont encore la centaine, les militants et autres cadres de l’opposition, notamment le Parti national panafricain (PNP) à croupir en prison depuis décembre 2019 dans le cadre de l’affaire dénommée « Tigre Révolution ». Certains sont à l’article de la mort, à l’instar d’Aziz Goma. Mais tous les appels à sa libération tombent dans les oreilles de sourd. Pour la paix sociopolitique, il urge que tout ce beau monde soit libéré.

Exilés politiques, confiscation des libertés…

Exil des acteurs politiques ou simples citoyens, voilà un autre sujet. On pense bien évidemment aux cas Agbeyome Kodjo, Mgr Philippe Fanoko Kpodzro et autres, contraints à l’exil depuis la présidentielle du 22 février 2020. Le candidat de la DMK a dû prendre ses jambes à son cou pour échapper à la prison. Il vit depuis lors en exil, de même que son père spirituel. On peut remonter le temps et évoquer le cas Tikpi Atchadam. Pour son culot des manifestations populaires en 2017 ayant manqué de peu de faire tomber le régime Faure Gnassingbé, le Président du PNP  est obligé de mettre les voiles pour sauver sa peau…D’autres acteurs connus comme Olivier Amah mais aussi anonymes sont également contraints à l’exil.

Le respect des libertés politiques et publiques est une autre paire de manches. Depuis deux ans au moins, le pouvoir en place a décrété un embargo sur ces libertés fondamentales pourtant reconnues par la Constitution. Plus possible pour les partis de l’opposition et autres organisations de la société civile critique de manifester. Au départ, c’est la crise sanitaire à coronavirus et la lutte pour l’endiguer qui ont offert l’argument-massue. Un état d’urgence sanitaire était décrété et les manifestations publiques interdites. Mais l’amélioration de la situation n’a pas fait changer la donne. Aujourd’hui, c’est l’alibi sécuritaire que le régime a trouvé. La DMK s’est vu refuser deux (02) tentatives de meeting ces derniers temps, au nom de ce prétexte. Mais pendant ce temps, le pouvoir laisse se tenir d’autres manifestations qui l’arrangent…Il n’est  plus possible pour les acteurs de l’opposition de mener librement leurs activités régaliennes.

Toujours dans la dynamique de l’empêchement de l’opposition de déployer ses activités, certains de ses acteurs sont coincés par le clan dans des affaires diverses et se voient maintenir, telle une épée de Damoclès suspendue sur leur tête, le contrôle judiciaire. De fait, ils sont interdits de sortie du territoire, certains même avec confiscation de leurs passeports. C’est le cas de la Coordinatrice de la DMK Brigitte Adjamagbo-Johnson et de l’autre cadre Gérald Djossou arrêtés dans le cadre du scrutin présidentiel de février 2020.

C’est bien beau de se porter au chevet des autres. Lorsque la case de ton voisin brûle, il faut aller à son secours pour espérer qu’il te rende la pareille lorsqu’arrivera ton tour. Mais la norme voudrait que l’on s’occupe de soi ou des siens d’abord avant d’aller au chevet des autres. La paix sociale est bien menacée au Togo par différents contentieux et le nouveau médiateur et chantre de la paix devrait s’employer à régler d’abord les foyers de tensions dans son propre pays. A côté des questions politiques qui mériteraient l’attention de Faure Gnassingbé, il y a des sujets qui relèvent simplement du social. Comme la vie chère et sa résultante la flambée des prix sur le marché. Mais le « Jeune Doyen » n’éprouve aucune peine à courir éteindre le feu chez le voisin alors que sa propre maison brule, à balayer chez les autres alors que sa propre cour est bien sale. Principe de priorité renforcée, diront certains.

source:presse-alternative.info

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