À Kalmame, village de la préfecture de Tône, au nord du Togo, la rentrée 2024-2025 a marqué un tournant. Dans la cour de l’École primaire publique (EPP), 212 élèves se partagent désormais trois salles de classe évolutives, mieux adaptées à l’apprentissage. Une transformation rendue possible grâce à une initiative du gouvernement togolais, soutenue par l’UNICEF au Togo avec l’appui du Bureau des États-Unis pour la population, les réfugiés et les migrations (BPRM).
Dans cette localité qui a accueilli des réfugiés burkinabè et des déplacés internes à la suite de la crise au Sahel – ces derniers représentant 5,7 % des élèves – l’école fonctionnait jusque-là sous un hangar de quelques mètres carrés, servant aussi de chapelle. Les salles étaient inadaptées, l’accès à l’eau potable limité et les installations sanitaires insuffisantes, en particulier pour les filles.
« Avant, on était très serré dans les bancs. En plus le soleil nous dérangeait », raconte Lardja Lare, 10 ans. Aujourd’hui, l’environnement a changé : salles aérées, latrines séparées pour filles et garçons, forage d’eau potable. « Maintenant j’aime venir à l’école parce que nous avons de nouvelles classes, des latrines et un forage », confie Yendoutiene Kpana, 9 ans.
Pour le directeur, Libéyeme Djabongué, en poste à Kalmame depuis 2013, l’impact est visible. « Quand l’environnement est adapté, les enfants ont envie d’apprendre et les enseignants peuvent mieux faire leur travail », explique-t-il. Les enseignants confirment. Yandja Blimpo souligne qu’il peut désormais circuler librement entre les rangées, suivre les devoirs de près et consacrer plus de temps à l’accompagnement individuel.
Au-delà de l’école, la communauté se mobilise. Kountondja Lare, président du Comité de gestion des écoles primaires (COGEP), estime que ces réalisations renforcent la confiance des familles et encouragent la scolarisation de tous. « L’école devient un véritable point de rassemblement, un lieu où se construit l’avenir collectif », affirme-t-il.
Pour Ali Mounirou, point focal éducation représentant le gouvernement, l’expérience de Kalmame illustre l’efficacité du partenariat entre l’État, l’UNICEF et le BPRM. Un modèle, selon lui, à reproduire pour garantir à chaque enfant des conditions d’apprentissage dignes et inclusives.
À Kalmame, chaque salle construite et chaque point d’eau installé traduisent une même ambition : offrir aux enfants sécurité, confiance et perspectives d’avenir.


