Dans un contexte marqué par des interrogations persistantes sur la gestion des finances publiques, la Dynamique Monseigneur Kpodzro (DMK) dite « Originale » a rendu publique, ce 24 mars 2026, une lettre ouverte adressée aux gouvernants togolais.
Ce document, signé depuis Salt Lake City par le Secrétaire général adjoint du mouvement, Ben Djagba, dénonce ce que ses auteurs qualifient de graves dérives au sein de l’Office Togolais des Recettes (OTR), évoquant notamment des soupçons de détournements, d’opérations opaques et d’impunité administrative. À travers cette correspondance, la DMK Originale appelle à l’ouverture d’une enquête indépendante et interpelle directement les autorités sur la nécessité de restaurer la transparence et la confiance dans la gestion des ressources publiques.
Ci-dessous, l’intégralité de la lettre ouverte.
Excellences, Mesdames et Messieurs les représentants du pouvoir,
C’est avec une gravité un peu tremblante, et peut-être aussi un reste de colère mal digérée, que nous écrivons ces lignes. Pas pour le simple plaisir de dénoncer non, mais parce qu’il arrive un moment où se taire devient une faute, une faute presque morale, ou disons une lâcheté collective. L’Office Togolais des Recettes, censé être le cœur battant de nos finances publiques, semble aujourd’hui s’être transformé, ou plutôt dissous, dans une sorte de gouffre administratif, un trou noir qui avale tout, même la confiance. On ne sait plus très bien si c’est une institution ou une bouche ouverte qui mâche les efforts du peuple, et franchement cela donne le vertige ; ça use les nerfs aussi, ça use tout court.
Les faits ne sont plus des murmures, non, ce sont des cris, des cris qui cognent contre les murs et se répercutent jusque dans les marchés, jusque dans les salons. Détournements, exonérations bizarres, opérations fantômes, commissions invisibles, tout cela s’enroule dans une brume épaisse où l’argent du peuple s’évapore sans bruit.
Devant des actes impunis, la DMK Originale affirme que ces détournements ne sont plus une erreur de gestion, c’est une saignée lente, presque méthodique, comme si quelqu’un maniait le scalpel avec une précision de chirurgien fatigué. Les fonds que le contribuable verse avec peine disparaissent dans des poches sans visage, et toujours revient le vieux proverbe, triste à force d’être juste : « Le poisson pourrit par la tête ». Et un peuple qui ne demande pas de comptes devient complice, oui complice de ses propres chaînes, il les polit même, sans s’en rendre compte, comme si la résignation était devenue un sport national, ou une habitude de survie.
Les impôts, censés construire les écoles, les hôpitaux, les routes, se dissolvent dans les labyrinthes de la corruption, dans ces couloirs où plus personne ne sait qui signe quoi ni pourquoi. L’argent se perd ou il se transforme, on ne sait pas trop, en privilèges, en voitures, en fêtes privées, pendant que les toits des écoles fuient et que les malades attendent. C’est comme si la République avait oublié ses enfants sur le bord de la route, et qu’elle passait sans même ralentir. Parfois on se dit que ce n’est pas de la négligence mais une sorte d’amnésie organisée, ou peut-être une fatigue morale, oui, une fatigue d’État.
Face à cette situation d’écoulement, ou disons plutôt de fuite lente, des deniers publics vers des poches particulières, la Dynamique Monseigneur Kpodzro Originale – DMK Originale appelle à une enquête, mais une vraie, pas une de ces enquêtes qui dorment dans les tiroirs ministériels. Une enquête indépendante, menée par des magistrats qui ne tremblent ni devant les pressions ni devant les promesses chuchotées dans les couloirs du pouvoir.
La DMK Originale exige la nécessité d’impliquer des juges debout, même quand le vent souffle du mauvais côté, des juges qui se rappellent que la justice n’est pas une faveur mais un devoir, un devoir qui pèse lourd.
Fait a Salt Lake City, en ce jour du 24 mars 2026
La DMK Originale – le Secrétaire General Adjoint : Ben Djagba
Togo : Lettre ouverte de la “DMK originale” aux gouvernants

