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Togo, refuge des finances illicites ?

L’Assemblée Nationale du Togo a voté , le 27 février 2026, la loi relative à la lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et la prolifération des armes de destruction massive. Elle remplace la loi de 2018 et intègre des recommandations révisées du Groupe d’action financière (GAFI) ainsi qu’une directive adoptée en 2023 par l’UEMOA.

Il est dit que  cette réforme devrait contribuer à renforcer la transparence et la crédibilité du système financier togolais, dans un contexte régional marqué par des menaces sécuritaires persistantes. Selon le gouvernement, l’adoption de cette loi se justifie par le fait que « ces fléaux fragilisent le système économique, détournent les ressources destinées au développement, alimentent l’instabilité tout en soutenant les réseaux terroristes et criminels internationaux .

Pendant que le blanchiment des capitaux permet aux criminels de donner une apparence légale aux produits du crime, le financement du terrorisme met en péril la sécurité collective », a déclaré Badanam Patoki, ministre de l’Économie et de la Veille stratégique.

Et le Président de l’Assemblée Nationale Selom Klassou d’enfoncer : «le Togo ne serait jamais un refuge pour les finances illicites.» Tout ceci étant dit, qui blanchit quoi au Togo ? Quand la lutte contre la corruption est devenue une gageure pour l’Exécutif togolais, le Togo ne peut malheureusement ne pas être «un refuge pour les finances illicites.» Il est ostentatoire que la reddition des comptes n’est pas l’apanage du régime qui régente le Togo depuis six décennies, la plupart de ceux incarnent un pan de la gestion du pays se la coulent douce.

Ils rivalisent d’ardeur dans les transferts illicites de leurs avoirs vers les paradis fiscaux. Ce n’est pas le vote d’une simple loi qui va changer quelque chose. Il faut une bonne dose de volonté politique pour traquer les criminels économiques et les prévaricateurs. Ce qui demeure un pari difficile à gagner avec les mêmes têtes qui saignent le pays à blanc. Pour le reste, il s’agit juste d’une loi de plus pour les placards.

Honoré ADONTUI

Source : Lecorrecteur.tg

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